Chaque seconde apporte son lot de nouvelles. D’images. D’analyses. De commentaires. Puis de commentaires sur les commentaires.
Rien n’arrive seul.
Walter Benjamin observait déjà que les événements nous parvenaient saturés d’explications. Il écrivait cela à une époque où l’information voyageait encore à la vitesse du papier.
Aujourd’hui, le phénomène est devenu total.
Avant même qu’un fait ne nous atteigne, son mode d’emploi l’accompagne. On nous dit ce qu’il faut comprendre, penser, craindre ou espérer. Le mystère est évacué avant même d’avoir eu le temps d’apparaître.
Peut-être est-ce pour cela que les histoires remarquables se font rares.
Non parce qu’il ne se passe plus rien. Mais parce que tout est aussitôt recouvert.
J’aime les textes de Benjamin pour la raison inverse. Une rue. Une fenêtre. Un objet oublié. Un visage aperçu. Rien n’est expliqué jusqu’au bout. Quelque chose demeure.
Une part d’ombre.
C’est souvent elle qui nous accompagne le plus longtemps.
Vêtements de maçon. Chaussures de sécurité. Il attend. Une cigarette. Quelques pas. Sur le banc, un sac en plastique jaune. Son casse-croûte. Hier, c’était une glacière.
Quand elle ne sera plus là Quand je serai parti Là-bas où il peut aussi faire jour Un oiseau doit chanter la nuit Comme ici Et quand le vent passe La montagne s’efface 𝐿𝘦𝑠 𝑝𝘰𝑖𝘯𝑡𝘦𝑠 𝑏𝘭𝑎𝘯𝑐𝘩𝑒𝘴 𝘥𝑒 𝑙𝘢 𝘮𝑜𝘯𝑡𝘢𝑔𝘯𝑒 On se retrouvera sur le sable Derrière les rochers Puis plus rien Un nuage marche Par la fenêtre passe un cri 𝘓𝑒𝘴 𝘤𝑦𝘱𝑟𝘦̀𝑠 𝑓𝘰𝑛𝘵 𝘶𝑛𝘦 𝘣𝑎𝘳𝑟𝘪𝑒̀𝘳𝑒 L’air est salé Et tes cheveux sont encore mouillés… Quand nous serons partis là-bas derrière Il y aura encore ici quelqu’un Pour nous attendre Et nous entendre
Un seul ami…
L’ombre que nous avons laissée Sous l’arbre et qui s’ennuie.
𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐑𝐄𝐕𝐄𝐑𝐃𝐘. Pierres Blanches. Poèmes. Carcassonne, Éditions d’Art Jourdy. 1930 — sans date, mais certaine.Tirage limité à 300 exemplaires. Le mien : n°196. Rien de tapageur. Un livre fait à l’écart. Ceux-là tiennent mieux que les autres.
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Vêtements de maçon. Chaussures de sécurité.Il attend. Une cigarette. Quelques pas.Sur le banc, un sac en plastique jaune. Son casse-croûte. Hier, c’était une glacière. Partager : Imprimer(ouvre dans […]
Je ne sais pasce que mon regard, ce soir,va choisir. Partager : Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail Tweet […]
Quand elle ne sera plus làQuand je serai partiLà-bas où il peut aussi faire jourUn oiseau doit chanter la nuitComme iciEt quand le vent passeLa montagne s’efface𝐿𝘦𝑠 𝑝𝘰𝑖𝘯𝑡𝘦𝑠 𝑏𝘭𝑎𝘯𝑐𝘩𝑒𝘴 𝘥𝑒 𝑙𝘢 […]
Goldberg, l’aria.Lang Lang au clavier. Partager : Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail Tweet Partager sur […]