Contre-Regards

par Michel SANTO

Patrice STRAZZERA explorateur d’âmes…

       

La découverte d’un important ensemble funéraire antique jouxtant le MuRéNa semble réveiller la passion des Narbonnais pour l’archéologie. L’archéologie rejoint vite la passion, crée du rêve et des illusions, mais pour ceux qui en ont fait un métier, elle est aussi et avant tout une science avec ses méthodes rigoureuses, ses heures ingrates et son aride littérature.

Parallèlement à l’archéologie qui ne se déclenche sans autorisation et ne s’exerce sans contrôle, il est possible de pratiquer une activité libre et contemplative des vestiges de l’histoire, une activité en plein essor mais qui a aussi son code d’exigence, je veux parler de l’exploration. Et notre bonne ville, si riche en tradition archéologique, compte parmi ses enfants un explorateur fameux et singulier en la personne de Patrice Strazzera.

Patrice explore depuis maintenant quelques décennies le fond des mers, attiré par les épaves qui le tapissent, et qui avec le temps sont devenus d’étranges fantômes peuplés de gorgones et de pescaille. Patrice et son équipe de passionnés ont une prédilection pour les épaves du siècle passé, et plus spécialement les machines de guerres, avions et bateaux touchés coulés.

De ces explorations, il ramène des photographies, dont certaines sont publiées dans Le Sommeil des Epaves (d’autres ont fait l’objet d’une donation au Ministère de la Culture). Photos en noir et blanc empreintes de gravité et de magie, qui révèlent l’âme des épaves dans leur épais climat sous-marin. Photos de machines mortes, devenues silencieuses mais indiscutablement vivantes dans leur nouveau milieu. Patrice est un plongeur-animiste.

     

Il ne pense pas être un artiste, mais attribue ses photos à la chance ou à l’ivresse des profondeurs. Allez faire un tour sur ses publications (son site est ici) et vous serez très vite convaincus du contraire.

 

Ainsi que le film écrit et réalisé en 2012 par Jérôme Espla :

         

Une découverte « antique » majeure jouxtant le Musée Régional de la Narbonne Antique…

     

Narbonne n’échappe pas à sa réputation. Un coup de pelle mécanique sur tout ou partie de son territoire et son passé romain est mis au jour. Le plus extra-ordinaire est le lieu (et l’importance) de cette récente découverte : un terrain mitoyen à l’emprise du MuRena, le musée régional de la Narbonne antique.

Annie Saumont. Koman sa sécri émé ?

   

Photo : Le Monde.

 

Devant ma tasse de café (bien chaud), comme ce matin (très tôt), lecture de quatre ou cinq nouvelles d’Annie Saumont. Trois, quatre pages chacune seulement, mais d’une grande densité. Pour les amateurs de ce genre littéraire, son style, son imaginaire et ses thèmes la rapprochent de Raymond Carver : le maître américain ! Rapide, incisive, rien ne lui échappe des peurs, des troubles et des angoisses de personnages aux identités floues, déboussolés, paumés, mal dans leur peau voire carrément tordus. Pas de mièvres bluettes romantiques : des histoires de vie dans lesquelles on parle aussi d’amour, de tendresse. Certaines de ses âmes grises, longtemps, occupent l’esprit ; qu’il m’arrive de croiser au fond d’un bistrot, un soir de « fête » ou tout simplement au coin d’une rue. Quand ce n’est pas devant mon miroir… Le titre de ce recueil *, posé sur ma table, est tiré d’une des dix huit brèves histoires, le composant : « koman sa sécri émé ? ». Très courte : deux pages. Son titre ? SMS ! Un petit bijou : drôle et cruel…

   

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

 

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

  * Koman sa sécri émé ? Annie Saumont. Julliard 2005 (163 pages).

Si la terre était ronde, il n’y aurait pas de vacances. L’homme ne pourrait plus se reposer.… (A.Vialatte)

 

Illustration: Croquis d’Alexandre Vialatte de Lavoro © AFP /Leemage/Lavoro.

     

« Il ne faut jamais mettre un homme, sans un entraîne­ment progressif, en face d’une situation qui l’oblige soudainement à réfléchir à plusieurs choses. Le sang afflue au cerveau, le teint passe au violet, le front se plisse, les yeux restent vides, la tête peut deve­nir aussi grosse que celle d’un académicien. Tout est à craindre en de telles conjonctures, comme du scaphandrier qui remonte à la sur­face après une importante plongée. Le repos s’impose, et des bains de pieds à la moutarde. » C’est précisément ce que je me disais, ce matin.

Articles récents

Carte postale : Un samedi matin au marché aux livres de Montpellier, le passé vint à ma rencontre…

Carte postale : Un samedi matin au marché aux livres de Montpellier, le passé vint à ma rencontre…

        Samedi, rendez-vous à Montpellier avec Jean-Claude et Francine, "des amis de plus de quarante ans" , – de mes premières années professionnelles  en région parisie[Lire la suite]
Quand "l'immobilier" est en bonne santé les départements se portent mieux !

Quand "l'immobilier" est en bonne santé les départements se portent mieux !

      Les départements se partagent cette année 11,5 milliards d'euros de droits de mutation à titre onéreux (DMTO) [1] perçus en 2017. 1,7 milliard d'euros de plus que l[Lire la suite]
Alain Perea, député LREM de l'Aude, était l'invité de Radio Barques : Décryptage !

Alain Perea, député LREM de l'Aude, était l'invité de Radio Barques : Décryptage !

        Samedi dernier, nous recevions, Jean Claude Julès et moi, sur Radio Grand Sud FM (Radio Barques), le député LREM de la deuxième circonscription de l'Aude, Ala[Lire la suite]
Il y a une évolution matri… [de nos sociétés] à définir, selon Emmanuel Todd !

Il y a une évolution matri… [de nos sociétés] à définir, selon Emmanuel Todd !

        On sait l'attention portée par l’historien et anthropologue Emmanuel Todd à l’éducation, à la famille et à la religion pour comprendre les sociétés contempora[Lire la suite]
Frappes en Syrie : On a les convergences que l'on mérite !

Frappes en Syrie : On a les convergences que l'on mérite !

        Mélenchon, Besancenot, et d'autres, veulent que les luttes convergent pour faire tomber ce gouvernement, les voilà convergents avec Philippot, Boutin, Dupo[Lire la suite]
À Narbonne, le PS déraille ! (?)

À Narbonne, le PS déraille ! (?)

Les Facebook, Twitter, etc. étant désormais des vecteurs de flux « d’informations » massifs à la portée de milliards d’individus, pour qui s’intéresse à la vie politique, notamment, on ne peut, évid[Lire la suite]