Contre-Regards

par Michel SANTO

Archive pour avril, 2018

Qu’en sera-t-il de la compétence « commerce » transférée au Grand Narbonne avant la fin de l’année ?

 

Halles de Narbonne

   

Depuis la loi NOTRe du 7 août 2015 (1), l’intervention en matière de « politique locale du commerce et soutien au activités commerciales d’intérêt communautaire » entre dans le groupe de compétences « développement économique » des EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunale). Mais, à la différence des autres compétences, le législateur laisse à ces derniers le choix de définir les actions d’intérêt communautaire ; ce qui nécessitera une délibération du conseil communautaire, à la majorité des deux tiers de ses membres, au plus tard deux ans après l’entrée en vigueur de l’arrêté prononçant le transfert de compétence, soit au 31 décembre 2018. À défaut, l’EPCI exercera l’intégralité de la compétence transférée.

Tourisme en Narbonnaise : un camp d’été international des antinucléaires sous les oliviers !

Assis sur les gradins de la piscine du Palais du Travail, je  regardais ma petite fille faire des longueurs et des plongées sous la surveillance de son maître-nageur, en compagnie d’une jeune maman de ma connaissance qui surveillait la sienne, nouvelle venue dans ce bassin, inquiète et légèrement anxieuse. Nous bavardions de tout et de rien, quand « tout à trac », elle me demanda ce que je pensais du procédé Thor de l’usine de Malvési, m’informa de sa participation à toutes les manifestations, me fit part de sa peur, pour elle, son mari, son enfant et ses proches d’être les victimes d’un cancer ou de je ne sais plus quelle « grave maladie »… et de sa décision, parce que terriblement angoissée, de vendre sa maison de Narbonne située dans le couloir venteux de la « cheminée mortifère », objet de tous ses cauchemars, dont la construction a été récemment autorisée, après qu’elle eut été  validée par des experts sollicités par le préfet sur d’éventuels risques sanitaires, notamment.

« Le Monde » déraille en annonçant « une mobilisation sociale d’ampleur » !

Illustration : journal Le Monde.

Le Monde n’est plus un journal de « référence ». Cela est désormais admis, même chez ceux qui comme moi, par nostalgie d’une époque où je me précipitais au kiosque du métro Solférino pour y acheter « sa première édition », persistent à le lire dans l’espoir  d’y trouver un reste de sérieux dans le traitement quotidien de l’information. Un désir rarement satisfait, qui, trop souvent, hélas, se retourne en une froide colère. Comme hier soir, après avoir lu, attiré par un « encadré » m’informant d’une « mobilisation sociale d’ampleur », un « papier » sur les grèves à la SNCF et Air France ; un développement des grèves dans ces secteurs qui, jusqu’ici, je le confesse, me semblait plutôt aller dans le sens contraire à celui souligné – souhaité ! – par le nouvelliste du Monde.

Carte postale : Un samedi matin au marché aux livres de Montpellier, le passé vint à ma rencontre…

 

     

Samedi, rendez-vous à Montpellier avec Jean-Claude et Francine, « des amis de plus de quarante ans » , – de mes premières années professionnelles  en région parisienne, précisément, et retrouvés depuis leur installation à Nîmes –, pour y déjeuner dans un restaurant où j’ai mes habitudes – récentes, cependant. Mais avant de les rejoindre, comme à chaque occasion qui m’amène, en fin de semaine, dans cette ville où j’ai vécu pendant près de 15 ans, je consacre un peu de mon temps à passer d’une table à l’autre de son Marché aux livres installé sur l’esplanade du Corum. D’autant que les premières feuilles d’un alignement de platanes, sous lesquels les derniers bouquinistes finissaient d’installer leurs présentoirs, se prêtaient, plus que d’autres jours plus sombres de l’hiver dernier, par la grâce d’un ciel parfaitement bleu, à la lecture attentive de quelques pages d’un livre  repéré sur l’un d’entre eux. C’est ainsi que, dans un état de rêverie attentive,  je lisais et relisais le final d’une nouvelle – Les Morts – de Joyce ; un final que Steiner raconte, dans l’ouvrage – Errata – que je tenais entre mes mains, avoir lu à haute voix puis commenté dans sa chambre à des camarades d’étude troublés par ses beautés rhétoriques, au point d’en silencieusement pleurer.

Quelques légers coups frappés contre la vitre le firent se tourner vers la fenêtre. Il s’était mis à neiger. Il regarda dans un demi-sommeil les flocons argentés ou sombres tomber obliquement contre les réverbères. L’heure était venue de se mettre en voyage pour l’Occident. Oui, les journaux avaient raison, la neige était générale en toute l’Irlande. Elle tombait sur la plaine centrale et sombre, sur les collines sans arbres, tombait mollement sur la tourbière d’Allen et plus loin, à l’occident, mollement tombait sur les vagues rebelles et sombres du Shannon. Elle tombait aussi dans tous les coins du cimetière isolé, sur la colline où Michel Furey gisait enseveli. Elle s’était amassée sur les croix tordues et les pierres tombales, sur les fers de lance de la petite grille, sur les broussailles dépouillées. Son âme s’évanouissait peu à peu comme il entendait la neige s’épandre faiblement sur tout l’univers comme à la venue de la dernière heure sur tous les vivants et les morts.

Je lisais et relisais donc ce texte, quand un amical « bonjour Michel Santo ! », inattendu en ce lieu, m’en fit sortir pour lever mes yeux sur le visage toujours aussi familier d’un de mes anciens collaborateurs perdu de vue depuis plus de 20 ans. Jacques Dartigue, puisqu’il s’agit de lui, se tenait là, devant moi, tout sourire, lui-même étonné de cette improbable et pourtant prévisible circonstance. Épris de littérature, sa trajectoire, en effet, devait fatalement un jour croiser la mienne et nous permettre ainsi de renouer le fil de nos discussions sur des bonheurs de lecture et des auteurs aimés, dont je prétendais alors, ce que je persiste encore à penser, qu’ils enrichissent un usage du temps strictement professionnel, convaincu, depuis la lumineuse découverte du Lucien Lewen de Stendhal, que cette littérature apportait plus de connaissances sur la nature humaine et les rapports sociaux en général que tous les livres de sociologie, notamment, longtemps considérés par « ma génération » d’intellectuels comme absolument indispensables à « tout honnête homme ». Jacques étant toutefois d’un tempérament rêveur et tourmenté, je l’avais, pour éviter qu’il ne se laisse envahir par sa passion littéraire, affecté à des travaux, disons plus méthodiques, qui l’ennuyaient sans doute profondément, mais qui lui permettaient de satisfaire ses besoins domestiques (il faut bien vivre !) ; travaux ingrats, certes, mais qu’il compensait par une participation éditoriale aux Cahier des Brisants, une petite maison d’édition de Mont de Marsan,qui publiait, à cette époque, des auteurs rares, dont Charles Juliet, ami de Jacques, qui, jadis, à l’occasion d’une de nos conversations entre deux portes ou dans mon bureau, me fit l’éloge des tout premiers livres de son journal – ceux d’un écrivain terriblement angoissé par les conditions précaires de sa vie et sa recherche d’une langue poétique propre à son être singulier – et devenu depuis une personnalité reconnue de la scène littéraire française…

Le temps passait malheureusement  trop vite et nous nous sommes à nouveau quittés pour rejoindre nos amis, chacun de notre côté, tout en nous promettant cependant de reprendre ce bref échange de souvenirs un jour prochain ; un samedi, à Montpellier, évidemment !

Plus tard, je dirai à Jean-Claude et Francine,  comment, par le hasard d’un livre de George Steiner feuilleté devant la table d’un bouquiniste, une part de mon passé s’est vivement présentée à mon visage…

   

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