Contre-Regards

par Michel SANTO

Archive pour décembre, 2018

Carnet : Choses lues et entendues…

C’est désespérant : tout lire, et ne rien retenir ! Car on ne retient rien. On a beau faire effort : tout échappe. Çà et là, quelques lambeaux demeurent, encore fragiles, comme ces flocons de fumée indiquant qu’un train a passé. (Jules Renard, dans son Journal).

280 000 personnes, puis 166 000, 136 000 dans les rues marchant, gueulant, cassant, flinguant derrière la banderole d’une intersyndicale ou de LFI, c’est banal, et les commentateurs zappent. Mais vêtues d’un gilet jaune, c’est le peuple, et les mêmes buzzent. Seraient-ils 100 à zader 10 ronds points, ce peuple toujours, Tood, Piketti, Onfray et Alain de Benoist, bouches d’or, en chanteraient les beautés.

Ce matin, au marché de plein air de Bourg, s’adressant à une dame, un marchand de fruits et légumes au traits disons « orientaux », lui demande : « Et avec ça, ma nine ? ». Qui peut encore douter de la puissance assimilatrice de notre langue ?

Ai  terminé, hier soir, « Visite à Godenhom » de Ernst Jünger. Synopsis : dans un pays nordique austère et gris, plongé dans un crépuscule perpétuel hanté par le vent et les oiseaux de mer, une barque emporte 3 jeunes gens, en quête de vérité, vers l’île de Godenholm où vit Schwarzenberg, un vieux sage reclus. Éblouissant ! Voici ce qu’en disait Robert Kanters, dans Le Figaro littéraire :  « Le court récit de M. Ernst Jünger est une oeuvre proprement admirable. Rarement la beauté plastique d’un texte apparaît avec autant d’évidence comme le rayonnement de sa vérité profonde. Par-delà le brouillard de tristesse et de désespoir que nous laissons parfois monter dans notre âme de la sottise et de la méchanceté des hommes et de notre propre orgueil, nous rapportons de cette Visite à Godenholm l’assurance que le soleil intelligible existe pour notre réconfort et notre joie. On n’a pas très souvent l’occasion de parler ainsi d’un livre. Le reste n’est que littérature, et même cabotinage.» (Robert Kanters, Le Figaro littéraire). Pas mieux ! Extraits :

 

La richesse et la puissance, avec toutes leurs images, ne semblaient être que les intérêts, le profit terrestre issus d’un capital invisible. Celui-ci ne s’épuisait jamais, et recommençait à ruisseler comme une source, en tous lieux où survenaient leurs princes, leurs poètes et leurs découvreurs.

Il y avait toujours une conscience, une sapience supérieure à la contrainte de l’Histoire.

Son tourment, l’inquiétude qui l’agitait consistaient en une quête incessante de choses qu’il ne possédait pas. Comme il ne les avait non plus jamais possédées, ces aspirations n’avaient rien de romantique. C’était un malaise, un sentiment confus des pertes imposées par le temps, qui l’agitait. Il ressemblait à la mouche prisonnière de la bouteille, lorsqu’il tournoyait ainsi le long du mur invisible qui le retenait captif. Bien qu’il ne le discernât pas, il ne souffrait que plus profondément de cette limite inexplicable dans l’espace de la liberté. Comme nombre de ses contemporains, et même presque tous, Moltner était écrasé par un sentiment de privation.

« Vous tenterez toujours de vous dérober derrière des mots, quand la situation devient sérieuse : d’où vos souffrances. »

 

Joyeux Noël !

Carte de Noël de Dali (1974)

À vous tous, amis lecteurs, connus ou pas, qui prenaient le temps de me lire, je vous souhaite un joyeux Noël. En pensées aussi avec ceux pour qui cette soirée demeure sombre, ceux qui souffrent, ceux qui sont seuls, ceux qui sont loin de chez eux, loin des leurs…

« Le peuple ne parle pas et c’est d’ailleurs pourquoi nombre de démagogues s’en font les porte-parole. »

Cet extrait de l’article de Frédéric Schiffer : Le peuple, une réalité ou un mot ?

N’ayant jamais serré la main de l’Homme, je n’ai jamais pu davantage savoir ce que pensait ou décidait le peuple, surtout lors d’un vote. Le peuple ne parle pas et c’est d’ailleurs pourquoi nombre de démagogues s’en font les porte-parole.

Défense de cette « Haute Fonction Publique » aujourd’hui vilipendée…

The Scapegoat (Le Bouc émissaire), tableau de William Holman Hunt, 1854-1856

Haro sur les « énarques », les « technos », ces responsables de tous les maux qui accablent le pays, la République et ses gouvernants. Eux qui brideraient « l’audace du chef de l’État, freineraient l’application de ces décisions concernant l’augmentation du smic ou l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2 000par mois.

Articles récents

Dans le petit "mundillo" politique narbonnais, les cartels s'organisent…

Dans le petit "mundillo" politique narbonnais, les cartels s'organisent…

      J'avais  prédit que madame Flautre, la conseillère municipale EELV d'opposition, élue sur la liste "J'Aime Narbonne" conduite alors par Jacques Bascou, prendrait du large e[Lire la suite]
La défiance sociétale et démocratique des "jeunes" s'aggrave…

La défiance sociétale et démocratique des "jeunes" s'aggrave…

      L’édition 2018 de l’enquête sur les valeurs (la cinquième édition depuis 1981 permet d’analyser les orientations fondamentales des Français. Olivier Galland — sociologue, d[Lire la suite]
Pour les 100 ans de l'OIT, Emmanuel Macron lance aussi son offensive politique et idéologique sur le flanc gauche de l'échiquier politique français…

Pour les 100 ans de l'OIT, Emmanuel Macron lance aussi son offensive politique et idéologique sur le

    En 2017, La République en marche a pris le pouvoir avec le seul appui du MoDem. Dans la foulée de la nomination d’Édouard Philippe à Matignon et des élections législatives, le centre[Lire la suite]
Dans l'ex Languedoc-Roussillon aussi des élus de la droite et du centre soutiennent Emmanuel Macron…

Dans l'ex Languedoc-Roussillon aussi des élus de la droite et du centre soutiennent Emmanuel Macron…

    Dans un contexte de crise profonde au sein du parti Les Républicains (LR), crise que les élections européennes du 26 mai (8,48 %) ont mis clairement au jour (démission de Laurent Wauq[Lire la suite]
N’aurais-je plus le choix qu’entre mourir sous les eaux de la Méditerranée, le « feu » de fanatiques islamistes ou celui, ionisant, des déchets nucléaires (de Malvési) ?…

N’aurais-je plus le choix qu’entre mourir sous les eaux de la Méditerranée, le « feu » de fanatiques

  Semaine éprouvante ! À lire la presse locale je n’aurais plus le choix qu’entre mourir sous les eaux de la Méditerranée, le « feu » de fanatiques islamistes ou celui, ionisant, des déchets[Lire la suite]
La transition "écologique" ne se fera pas sans les entreprises…

La transition "écologique" ne se fera pas sans les entreprises…

      Il serait quand même temps que  le discours public et politique sur la transition écologique, la protection de l'environnement, la lutte contre le réchauffement climatique aband[Lire la suite]