Gazer ! Le mot et la chose, en jaune…

Lundi matin aux Halles de Narbonne ! Accoudé à un bar, un de mes amis en compagnie de deux autres personnes. Très rapidement la conversation vire au Gilets Jaunes. Je reprends l’une d’entre elles  qui s’indignait : « Il se font gazer ! » ; et lui fait observer que  ce mot est  inapproprié ; que cette comparaison implicite avec le gazage des juifs pendant  la seconde guerre est scandaleuse. Il me répond : « le gaz lacrymogène est un gaz, non ? » ; « et pourquoi devrais-je accepter votre champ sémantique, pourquoi me l’imposer ? »

Comment mieux lutter contre l’habitat indigne, dans la Narbonnaise… et ailleurs !

Sans titre

J’ai reçu dans ma boîte de réception électronique ces photos. Ce sont celles d’un « appartement » de 13m2 avec une mezzanine… mais seulement accessible à genoux. Son loyer : 280€ ! L’installation électrique date des années 30, les fenêtres ne servent à rien, l’humidité ronge les murs, les rats y sont à résidence… Des informations recueillies auprès d’une association venant en aide aux personnes démunies, Je retiens aussi le cas d’un homme vivant dans un 50m2 payant un loyer de 217€ , eau et électricité comprises.

Le congrès des Gilets Jaunes des Pyrénées Orientales a tourné au vinaigre …

Plus de 500 sympathisants du mouvement des Gilets jaunes se sont rassemblés au centre culturel de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales. Un centre culturel (!) mis à leur disposition par le maire communiste de cette commune – parmi les plus riches des PO. L’affiche était spectaculaire et les GJ n’ont pas déçu : ce fut un beau « bordel » ! C’était donc hier que se tenait ce congrès fondateur.  Acte 1 : la présence des médias – bien que tous invités ! Hourvari au fond de la salle. Cris, Huées. Occupation du pied de la tribune. Vote à main levée : présence acceptée. Acte 2 ! À la tribune un GJ prend la parole. « Ton nom ? ». « On le connaît pas ! ». Réponse : « Micro ! ». Huées, cris. Il cède, le donne ! D’autres prennent la parole. Brouhaha. « Abrège ! » « Ta gueule ! » Les jurons fusent, on s’envoie des noms d’oiseaux. Deux camps s’opposent : les structurants, les informels.  Acte 3 ! Au bout de 3 heures, la moitié de la salle a déjà quitté le centre. Rien n’a été décidé. Si ! Rendez-vous aux péages ! Ah, j’oubliais ! Le maire, Jean Vila, a confirmé la commande à l’association des ferronniers catalans d’une esquisse pour une sculpture représentant un couple de Gilets Jaunes (hétérosexuel ! ce qui devrait provoquer une nouvelle polémique.) Il sera installé sur un rond-point de la commune qui « portera leur nom à jamais ». Je ne sais plus quel grand théoricien marxiste prétendait que les germes de la société du futur étaient présents dans les formes d’action des » masses » en lutte. Celle (de société) qui nous a été présentée par les GJ, hier, à Cabestany, m’ a fait beaucoup  rire. Jaune !

NB : billet écrit sur la base d’informations contenues dans l’article de Laure Moysset paru dans l’édition du jour de l’Indépendant (édition Perpignan)

Médias, pourquoi tant de haine et de défiance !

 

 

 

Eugénie Bastié, comme de nombreux autres journalistes, s’interroge dans le Figaro du jour : « Médias, pourquoi tant de haine ? ». Une haine allant jusqu’à l’agression physique dans les manifestations de Gilets Jaunes et par un déferlement d’insultes sur les réseaux sociaux. Ce que confirme à sa manière plus « civilisée », le niveau de défiance relevé par le baromètre du Cevipof. 23 % des personnes interrogées seulement ont confiance dans les médias, juste avant les partis politiques (9 %). Un décrochage qui dure depuis au moins une décennie (moyenne de 25 % entre 2009 et 2019).

 

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Ce rapport des français aux médias et à l’information n’est évidemment pas sans rapport avec les dérives  d’une information continue fondée sur la puissance de l’image, la recherche de l’émotion (et du buzz par la petite phrase choc), la violence des débats ; dérives auxquelles n’échappe pas ce qu’on appelle encore « la grande presse ». Comme l’ensemble des médias, elle est soumise à la pression et aux « codes » des réseaux sociaux et des chaînes en continu : réactions en temps réel, primat de l’émotion pour capter l’attention et les « clics » etc. (« clics » dont dépendent les mesures d’audience et les revenus publicitaires). Et le phénomène est d’ampleur, au point qu’il lui arrive souvent de mettre en circulation de « vraies-fausses informations », le grégarisme et le conformisme de la profession l’amenant à reprendre la première mise sur le marché et à la faire « tourner en boucle ».

Un exemple parmi des centaines d’autres. Avant hier, Emmanuel Macron, devant un parterre d’artisans boulangers et de jeunes apprentis a prononcé, notamment, ces mots :

 

« La cohésion nationale, elle ne se ramènera pas en un jour, il faut beaucoup de détermination, d’humilité et de patience. C’est aussi un travail pour lequel chacun à sa part, je pense que cela est un moment essentiel pour la vie du pays»… «Il est important que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son travail et par son engagement au travail. Notre pays ne pourra jamais retrouver pleinement sa force et sa cohésion sans cela… « Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés, au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs», constate-t-il . «Et s’il n’y a pas ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir.»

Rien de scandaleux dans ces phrases ! Et pourtant, qu’ont retenu de cette intervention, le Figaro de madame Bastié, les autres médias (grands et petits)  ainsi que leurs commentateurs ? Ceci :

 

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Le Monde fait même mieux en illustrant ce montage d’une photo de Gilets Jaunes :

Petite phrase composée de petits bouts collés les uns aux autres, qui frise la fausse information et instille ainsi dans les mémoires « l’idée » que le Président de la République prend  les français pour d’indécrottables fainéants. De sorte que l’on est en droit de se poser la question, comme le fait J.F Khan, de l’irresponsabilité médiatique : « Pourquoi, à l’occasion de cette crise, qui nous interpelle tous, chacun, grands médias compris, ne mettrait pas ses erreurs sur la table ? ». Notamment la surmédiatisation de ce mouvement ;  surmédiatisation à laquelle s’ajoute le souci des élites politiques, mais aussi intellectuelles – pas toutes cependant, loin de là –, de ne pas désobliger les protestataires en leur opposant… une analyse rationnelle de la situation. 

 

Une telle dérobade est coupable pour au moins deux raisons. Premièrement, elle consiste à faire passer sa bonne conscience devant la vérité – donc le souci de soi avant celui du bien commun. Deuxièmement, elle est l’expression d’un vrai mépris de classe : « pas la peine d’expliquer, ils ne comprendront pas ! (l’analyse de Challenges ici).

 

Ce qu’il convient de constater enfin est que cette défiance n’est pas celle d’une seule catégorie de français. Les uns, nombreux chez les « GJ », font valoir que leurs problèmes, « leur vraie vie », ne sont jamais sérieusement traités par les médias, qu’il n’y en aurait que pour les questions sociétales (mariage pour tous, PMA, minorités etc.) – ce qui, globalement est incontestable – ; les autres, que les  informations délivrées par les  médias sont biaisées par un manque de rigueur dans la présentation et l’analyse des faits (pourtant le cœur de métier du journaliste). 

 

Chronique de Narbonne ! La plainte de Sainte-Cluque…

Eh bien ça promet ! Il ne suffisait pas que le porte parole du groupe d’opposition, Nicolas Sainte Cluque, conseiller général PS, dénonce la politique et les actions du maire Didier Mouly, avocat comme lui, qu’il espère détrôner en 2020. Non ! blessé au plus profond de sa conscience par des propos tenus par ce dernier lors du dernier conseil municipal et jugés par lui diffamatoires, il vient de déposer plainte avec constitution de partie civile. Bigre ! Renseignements pris, Didier Mouly, lors d’un échange assez vif avec Nicolas Sainte-Cluque, aurait dit de lui, métaphoriquement, qu’il « prenait de la créatine ». Une expression peu courante dans les échanges entre avocats au sein d’un Palais de Justice – encore que ! – , mais qui dans les disputes politiciennes pourrait presque passer pour une délicate marque de sympathie. Et pour cause, le consommateur de créatine n’est pas un héroïnomane, on la recommande même aux personnes âgées pour contrer leur perte de masse musculaire. Comme le Viagra, pour d’autres effets !  Mais que cette « prise de créatine »  échauffe ainsi Nicolas Sainte-Cluque au point de s’estimer diffamé, calomnié, voilà qui tout de même surprend… et inquiète !  À moins que ce brusque raidissement… politico-juridique ne soit qu’un classique « effet de manche », si j’ose dire. Un coup, quoi ! 

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