Siège du Grand Narbonne. Illustration : Passelac & Roques Architectes
Finalement, le Grand Narbonne ne quittera pas ses locaux du centre ville. Heureuse nouvelle ! Pour quelles raisons ? Jacques Bascou n’en disant rien, je doute cependant qu’il se soit rendu aux arguments que j’avançais dans un billet du 11 décembre 2017 pour critiquer sa décision d’alors d’en transférer le siège sur le site de l’ex-CCi de Narbonne. Si j’en crois en effet l’article publié dans la presse locale, c’est le président de la Chambre de Commerce de l’Aude, Bernard Ballester, qui serait à l’origine de ce brusque revirement de stratégie immobilière. Mais peu importe, après tout, la sagesse, comme la Providence, façon de parler, prend parfois des chemins détournés pour se manifester par une inspiration qui place certains de nos élus dans des situations contraires à leurs premières intentions.
Allez traîner sur les réseaux sociaux et sur les sites médias des journaux, repérez les mots clefs et changez vite leur identité première, ou spontanée (nuance !). Comme »identité » (qui ne vaut que pour la carte ou les minorités) ; « France » (qui fait un joli prénom : trait d’union Lyse) ; « frontière » (pour la liberté seulement : qui n’en a pas !) ;
La fin de vie programmée de l’Aspirateur sera scellée samedi par le vernissage de la flamboyante rétrospective consacrée à l’artiste leucatois Patrick Chappert-Gaujal. (Étrange destin tout de même pour ce lieu d’exposition d’art contemporain conçu initialement pour le recyclage des déchets urbains et qui accueillera dans les prochains mois la « police municipale » de la Ville de Narbonne.)
Son titre ? « Last call » ! (Dernier appel), que traduisent à merveille ces cabines téléphoniques installées place de l’Hôtel de Ville récupérées dans je ne sais quel entrepôt de brocanteur.
Leurs vitres, Patrick les a recouvertes de ses cartes marines, comme pour nous inviter à regarder autrement ces espaces clos, et jadis transparents, qui, en nous isolant du monde nous reliaient néanmoins à la terre entière. Des niches dans lesquelles on pouvait voyager par la voix et l’imagination, s’y abriter du vent et de la pluie, se serrer contre un corps désiré… Il y avait en effet quelque chose de matriciel dans ces enveloppes de verre et d’acier, où se mêlaient chuchotements, pleurs, cris comme si rien au monde ne pouvait en retenir les ondes et les bruits. Le miracle était souvent d’en voir sortir des êtres transfigurés au visage lisse, l’esprit apaisé, après que l’on eut impatiemment signalé sa présence et son envie à son tour d’y entrer. On l’aura compris, j’éprouve un peu de nostalgie à l’évocation de ce temps. Une nostalgie d’autant plus vive que s’imposent désormais à nous la tyrannie de ces petits objets modernes d’où sortent en tous lieux le plus intime, le plus vain et parfois le plus grossier de leurs propriétaires. Oui, un dernier appel lancé dans ces cabines sans fils de Patrick Chappert-Gaujal auquel ne répond plus hélas ! un monde où le silence, la pudeur, le secret d’une conversation apparaissent aujourd’hui comme les stigmates d’une sociabilité archaïque, pour ne pas dire profondément suspecte. La nuit venue, témoins de ce passé qui donne encore à rêver, elles éclaireront aussi les Barques de Cité…
Plus loin, des silhouettes d’encres d’une élégance toute orientale sorties de médiocres plaques de cartons de récupération, des épures étirées sur de grands formats de papiers blancs aux formes pleines et délicates empliront l’Aspirateur d’un imaginaire où l’essentiel d’une esthétique se résume à quelques signes tracés à la pointe d’un pinceau. Assemblages faits de bois flottés, plastiques, toiles… tout ce que ce monde laisse tomber dans l’oubli de décharges publiques, ou rejette sur les bords de ses mers et rivières objets ; kayaks, croix de pharmacie habillés de lumière, sera au rendez-vous donné aux visiteurs par cette superbe rétrospective. Quelle soit une source d’inspiration et de plaisir pour tous est le voeux le plus cher qui me reste à former. Comme la mer et ses lumières toujours renouvelées le sont pour son maître d’oeuvre…
Après un lourd tapis de bombes médiatico-politique sur le « bétonnage » fantasmé de nos littoraux, après que l’Assemblée eut voté un amendement (très encadré) relatif aux désormais célèbres « dents creuses » [1], nous voici à présent soumis à une deuxième vague d’aussi forte intensité concernant le glyphosate et l’autorisation donnée d’en poursuivre l’utilisation pendant encore trois ans. « Irresponsabilité, mise en danger d’autrui, cancers etc… nous dit-on » ; « on continue à nous empoisonner, à nous tuer à petit feu », rajoute Corinne Lepage.
Ce matin, 10 heures 30, je m’installe devant le comptoir de Gilles Belzon, sur un de ces inconfortables tabourets hauts, pour y boire mon dernier café serré de la matinée. À ma gauche, deux hommes aux visages marqués par d’incontestables excès de table commentent passionnément le tournoi de Roland Garros. Des bribes de leur conversation, je comprends que rien ne leur est étranger de l’histoire sportive des compétiteurs encore en course, jusqu’à leur âge et le nombre de coups droit ou de revers gagnant à leur actif. Un dénommé Simon est évoqué sans que je sache s’il s’agit d’un patronyme ou d’un prénom ; puis, brusquement, comme un pastis posé sur le zinc d’un bistrot par un serveur blasé, le rugby est convoqué dans cet échange encyclopédique par celui qui, depuis mon arrivée, noie son interlocuteur sous un flot d’informations à faire pâlir d’envie un journaliste professionnel (Je dis ça, façon de parler, ma culture tennistique étant d’une pauvreté indigne d’un homme moderne censément passer ses après midi devant sa télé à tourner sa tête au diapason de celles de spectateurs assistant à ce rituel mondain et sportif dans le temple gaulois de la petite balle jaune).
Une chute. Lourde.Les secours dans la chambre.Elle cherche son regard.Le transport aux urgences. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
La salle est blanche, clinique. Elle est assise, une bulle de plastique et d’ondes sur les oreilles. Quinze ans, peut-être. Son pouce balaie l’écran du téléphone. Le monde s’arrête […]