Contre-Regards

par Michel SANTO

C’était en 2009 au Bac philo!

Dissertant sur le progrès technique, nos jeunes gens écrivaient , en 2009, entre autres perles, ceci:

Ceux qui n’acceptent pas le progrès technique sont obligés de s’exclure de la société, de vivre dans la jungle, dans la forêt.

Cette individualisation aura des répercussions sur le quotidien de la société, l’absentéisme aux élections en est un exemple.

Ainsi les ménages travaillent de moins en moins, de plus l’invention de la télévision, de l’ordinateur n’arrange pas le tout.

Par exemple si l’homme n’arrive pas à s’orienter avec une boussole il en conclura qu’il devra pour le futur se munir d’un GPS afin de ne pas reproduire la même erreur, de plus son point de vue sur l’orientation sera positive.

Le développement technique a aussi amélioré le confort en ce qui concerne les commodités. Nous ne sommes plus obligés de s’en occuper et de déposer dans le jardin ou ailleurs comme dans le temps, puisque maintenant tout part dans des stations faites pour. “

On redoute de les lire demain sur le même sujet… Car, à “ cette question “le développement technique transforme-t-il les hommes ?” la réponse à extraire n’est donc pas une évidence.

Pauvre pensée d’Europe.

La situation de crise que vit l’Europe est dans l’esprit des Français pendant que les chefs d’Etat de l’Union sont réunis aujourd’hui pour s’accorder sur une réponse institutionnelle et financière commune à la méfiance accrue des marchés quant à la capacité de certains pays à honorer leurs dettes. C’est dans ce contexte que le seul parti de gouvernement capable de proposer une offre politique de substitution sort un projet préfigurant son programme pour la prochaine présidentielle. Que dit-il ? En voici une courte analyse de Grunberg dans Telos : « Ce texte nous dit deux choses contradictoires. D’une part, il appelle à relancer l’action de l’Union européenne (ce qui est juste et nécessaire) et à instaurer un gouvernement économique (ce qui est, au moins dans la direction, une idée importante). Mais d’autre part, tout en reconnaissant que les gouvernements européens et les pouvoirs européens sont de plus en plus orientés à droite, il propose des mesures, qu’il s’agisse de la BCE, de la politique industrielle, de la gestion des finances publiques, des politiques concernant les entreprises et la concurrence, que nos partenaires les plus puissants, tels l’Allemagne, rejetteront à l’évidence. Ce volontarisme européen, comme il se définit lui-même, est-il alors de quelque utilité ?

La politique européenne avance par compromis : comment nous situer face à l’Allemagne, quels compromis tenter d’obtenir d’elle ? Ces questions ne sont pas posées. S’agit-il vraiment dans ces conditions d’une politique de relance de la construction européenne ? Une fois encore, les socialistes entendent imposer à l’Europe leur propre modèle de l’Europe. Pourquoi cette énième tentative aurait-t-elle plus de succès que les précédentes ? »

On imagine la tête de DSK lisant ce texte. Qui l’amènerait, s’il était candidat et choisit lors de primaires, comme Ségolène en son temps sur d’autres sujets, à le mettre au placard…

Le syndrome de l’Elysée.

 

 

 

 

En 1965, presque personne n’a voulu se présenter à l’élection présidentielle. Ni Mendés France, ni Pinay. C’était il est vrai la première. Aujourd’hui, c’est plutôt la bousculade. A gauche, DSK hésite, Royal dit ne pas être candidate en l’état , Fabius encore moins , Valls piaffe d’impatience, Collomb pointe son nez, Martine avance masquée et Hollande s’est déclaré. Quant à Mélenchon, Joly et d’autres encore, ils font tout, ou semblant, pour en être.

Le capital érotique de Catherine Akim.

 
   

 

LLafranc, dimanche 26 avril. Assis à la terrasse du LLevant, une de mes « querencias » de ce petit coin de la « Costa brava » encore protégé, je lis l’édition dominicale de « la Vanguardia » et m’arrête, alléché par son titre, sur la chronique de Luis Racionero : « Las eroticas capitalistas ». Il y présente une étude de la sociologue britannique Catherine Hakim selon laquelle le capital érotique serait le 4e pilier d’une personnalité moderne, en sus du capital économique, du capital culturel et du capital social. Un capital érotique qui ne concernerait pas que les  «  choses » du sexe ou le mariage. Dans nos sociétés modernes  où la culture est hyper sexualisée, nous est-il, en effet, précisé, le capital érotique prend de plus en plus de valeur sur le marché du travail, au sein des médias, de la politique, de la communication et de la publicité. Et les femmes seraient mieux dotées que les hommes ! Question de Luis : pourquoi ? parce que (je le traduis) « Dans la loi de l’offre et de la demande de coït, l’injuste nature a truqué la balance de sorte que la demande du mâle sera très supérieure à l’offre de la femelle et, comme tout le monde le sait, le prix monte et celui qui met le prix et le perçoit, c’est la femme. » Mais comme elles vivent dans des sociétés patriarcales, elles seraient tentées de ne pas se servir de cet «  avantage comparatif », les hommes « s’efforçant de construire des idéologies morales pour empêcher les femmes d’exploiter leur capital érotique et d’en tirer des bénéfices économiques et sociaux ». Et l’auteur(e) de se lamenter que les féministes ne soient pas capables de libérer les femmes de la perspective patriarcale. Certes, mais il est de nombreuses femmes qui plutôt que de suivre les méthodes radicales des féministes, préfèrent continuer d’exploiter leur capital érotique avec ou sans patriarcat, conclue L. Racionero.

Ce que je n’ai pas manqué de constater à la table voisine…

 

 

“Nous n’avons pas besoin d’en promettre tant et plus”

 

 

 

Sur les retraites, “nous avons nos réponses” prêtes, a assuré Martine Aubry, l’ancienne ministre des Affaires sociales. Ouf ! Nous voilà rassurés. Mais : “… ce n’est pas nous qui sommes au gouvernement et nous ne souhaitons pas faire des propositions pour que le gouvernement en picore une ou deux, celles qui l’arrangent, et dont on sait qu’elles ne régleront pas le problème” Ciel ! On attendait des propositions sérieuses et c’est une mesquine esquive qu’on nous délivre. En se cachant derrière un calendrier, qui ne serait pas le même que celui de Fillon. Comme à l’école, ces « premières de la classe » qui se planquent derrière leur cahier de texte. A l’inverse d’un François Hollande, bien dans sa tête et sur de sa valeur, qui lui nous tient un discours de vérité (voir aussi son commentaire dans « Fugues et fougue ». Tout simplement responsable. Notamment sur les retraites : «  il n’existe pas des recettes miracles qui nous dispenseraient d’un effort contributif et productif pour préserver le niveau des pensions. Il faut avoir conscience d’une chose : avec le niveau actuel du déficit public – plus de 8 % du PIB – les prélèvements que nous lèverons là, nous ne les mettrons pas ailleurs ! C’est pourquoi l’avenir des retraites ne peut se résoudre uniquement par l’impôt. » Des propos dignes d’un homme d’Etat, quoiqu’on puisse penser par ailleurs de ses engagements idéologiques : «  Nous hériterons en 2012 d’une situation comme jamais la gauche n’en a connue : faible croissance, endettement record et compétitivité dégradée. C’est un quinquennat de redressement qu’il nous faut préparer. » Une autre musique que celle d’une candidate-virtuelle à l’élection présidentielle nouvellement acquise à la « société du care » et qui a reçu récemment de Jean Michel Apathie le prix de la « nunucherie avec palmes ».