Contre-Regards

par Michel SANTO

La politique-porno?

 

On se demande pourquoi les gens continuent de débattre. Tout le monde se dispute et personne ne change d’avis. C’est pour ça que je ne regarde plus les émissions politiques à la télé. A croire que la source de nos opinions est dans « ces vésicules qui forment nos humeurs » (J. Chardonne). Inclinez-vous à gauche ou à droite ? (Ce qui, aujourd’hui, est difficile à établir) Aucun raisonnement ne semble avoir d’effet sur ce penchant. Les pires mécomptes et le démenti des évènements glissent sur les partis pris. Il ne s’agit plus de gagner des consciences mais de susciter des désirs. Séduire plutôt que convaincre. Aujourd’hui plus que jamais, s’exhibe sans aucune pudeur l’essence aphrodisiaque du politique. Serions nous passé, sans nous en rendre compte, à l’ère de la politique-porno ?

Epoustoufflement!

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Un nouveau virus nous vient d’Asie. De chine. Plus précisément de sa muraille. Et si aucune mesure préventive n’est prise, notre riche et élégant vocabulaire ressemblera à un champ de barbarismes et de clichés. De santé fragile car déjà truffé d’horribles  «  chevilles » (absolument…), d’absurdes contresens (à priori pour peut-être), de tournures jargonnesques (les axes majeurs de ma démarche participative !!!) et d’inutiles anglicismes (alternative au lieu de possibilité, option, choix, solution…) cette nouvelle menace risque de le faire muter en baragouin  pour de vrais incultes prétendument éduqués. Quand il était ministre, Anicet le Pors, alerté par les préfets, qui ne comprenaient rien aux rapports des stagiaires de l’E.N.A, avait introduit des cours de français dans les programmes de la prestigieuse école. Hélas ! Madame Royal était déjà à l’Elysée… Avec sa bravitude, le mal est dorénavant fait. Il prolifère même jusqu’en terres audoises où vient d’éclore, à Montredon,  un splendide « époustoufflement ». Que n’a pas manqué de noter A. Navarro, le rédacteur en chef de l’Indépendant de Narbonne.L’auteur de cet « idiotie »? J. Arino, un journaliste, lui aussi, retraité, certes, mais néanmoins actif vice président du conseil général de l’Aude. Et de surcroît vice (toujours) président de la commission enseignement, culture… Consternant n’est ce pas ? La mise en quarantaine s’impose. 

Mon gendre, tout est rompu!

 

 

Mercredi 17 janvier, soirée théâtre. La pièce ? Un chapeau de paille d’Italie de Labiche : la plus jouée de son abondante production. Un texte hybride qui oscille sans cesse entre la comédie de mœurs, la satire bourgeoise et la farce.  Et sur lequel plusieurs metteurs en scène aguerris se sont cassés les dents. La version proposée au public narbonnais par G. Rouvière était, elle, dans le genre « moderne ».

Une ambiance de guitare électrique, au propre comme au figuré, un décor sombre et plat, une exagération dans le grotesque et le ridicule des personnages et des situations, qui me firent sortir de la salle comme j’y étais entré, « crevé ». J’espérais mourir de rire, j’ai cru mourir d’ennui. Un comble, pour un esthète de la dérision dont le comique, à la limite de la farce, s’exprime paradoxalement au mieux dans la nuance et la subtilité.

La lecture du programme et la présentation de cette pièce par Monsieur Rouvière m’avaient pourtant préparé au pire. Labiche ? je le cite : « un auteur… d’une cruauté brutale » Ses mots ?: « … sont catapultés, éruptés… » Les mots et les idées ? : « … tout veut sortir de sa bouche. » Et, au final, sa pièce : « …un cauchemar onirique. » Une enfilade de perles à vous donner le vertige, un sabir de collégien enivré de coca et de  mangas.

Quand je pense qu’un journaliste local a osé écrire que la pièce de Labiche n’était pas à la hauteur de la mise en scène de Rouvière. Pourquoi pas demander à Jack Lang de la réécrire, tant qu’on  y est ?  Quelle époque, quel cuistre…

«  Mon gendre, tout est rompu ! »

 

 

 

 

La mort d’un Juste.

FABRICE COFFRINI/KEYSTONE/MAXPPP - SAILLON SCHWEIZ  ; Abbe Pierre, founder of the charity organization "Emmaus" visits the vineyard "Farinet" during his stay in the canton of Valais, Switzerland, pictured on June 11, 1998, in Saillon. Abbe Pierre went to mass on the day of Corpus Christi in his native village before visting the vineyard "Farinet" of which he is the owner. (KEYSTONE/Fabrice Coffrini) L'abbe Pierre, fondateur de la communaute d'Emmaus, lors de sa visite a la vigne de Farinet, lors de son passage en Valais, ce 11 juin 1998 a Saillon. L'abbe Pierre a participe a la messe de la Fete-Dieu dans le village avant de se rendre a la vigne de Farinet dont il est le proprietaire. (KEYSTONE/Fabrice Coffrini) *** FRANCE ONLY *** (MaxPPP TagID: maxpeoplefrtwo652071.jpg) [Photo via MaxPPP]

[Photo via MaxPPP]


 

Une mort. Cette nuit. Celle de l’abbé Pierre. La veille d’une semaine annoncée de grands froids. Une mort, si simple. Celle d’un homme qui nous tendait le miroir dans lequel flottent encore les tremblantes images de nos «grands sentiments». Une mort, enfin, qui met en lumière  une parole publique ravagée par la surenchère et l’hypocrisie de nos sélectives indignations.

Flaschman!

L’autre soir, sur FR3 Languedoc-Roussillon, Madame Tignères, conseillère régionale communiste à qui le journaliste demandait ce qu’elle pensait du Président du conseil Régional répondit , de mémoire, par un propos de G.Frèche rapporté par un de ses collègues socialiste : « une carte bleue et un chauffeur, et ils vont tous à la mangeoire ».

Pensez-t-elle à J.C Gayssot ? L’aveu est intéressant et vaut pour tous.

Considérez le niveau d’indépendance financière des élus de la majorité régionale et vous constaterez leur degré de dépendance morale et politique. Comme leur zèle à soutenir leur patron quoiqu’il dise. Quoiqu’il fasse…

La vérité d’un homme n’apparaît que dans des circonstances exceptionnelles.Ne pas la dire est une lâcheté.

 

NB: En illustration, Flashman et son célèbre " courage fuyons "

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