Dimanche dernier, beaucoup, beaucoup de monde aux Halles ! On se serait cru en Espagne. Le Castillan dominait sous la voûte de verre et d’acier. Celui des touristes. Pas celui qui autrefois m’attirait, ces matins-là. Il ne reste hélas plus grand monde de la génération de mon grand père et de son fils. À part Maruenda, que j’y salue tous les jours, ou presque. Le Dimanche était leur jour de messe à ces manoeuvres, maçons, ouvriers agricoles, endimanchés. Ils y récitaient leurs prières : souvenirs du pays, de leurs « pueblos » ; leurs peines, leurs fatigues, leurs espoirs. Leur peau était brune, et leurs mains calleuses. Celles des visiteurs ibériques d’aujourd’hui serrent des smarphones. Leurs visages sont pâles. Ils prennent des vidéos, commentent les étalages de fruits : les mêmes que ceux de leur quotidien. Ils se traînent et se distraient. Enfin, ils essaient.
Le défoulement social, la caricature et le grotesque parfois s’offrent en spectacle lors de défilés de Carnaval. Jamais dans ma petite ville toujours un peu coincée. Cette année, elle avait choisi le thème des « fables de La Fontaine » pour le sien. Une vraie folie ! Les confettis volaient, les trompettes sonnaient et les chars roulaient.La grosse grenouille verte eut un franc succès. le Roi et la Reine aussi. Inattendu, un char Gilet Jaune XXL mobile les suivait. Il fermait le défilé. Autour, une bonne vingtaine de « rondpointistes » scandaient : « RIC » , « Macron démission »… Quand j’étais enfant, on brûlait le dernier totem. Un rituel de purification ! Tout se perd, hélas !
Elle avait de vilaines jambes arquées et souffrait de son dos trop souvent courbé sur des éviers qui n’étaient pas les siens, et des jardins potagers où elle cueillait des légumes ou des fruits arrivés à maturité.
Hier, comme chaque année à Toussaint, nous sommes allés au cimetière de Peyriac-de-Mer nous recueillir quelques instants sur la tombe de la grand-mère paternelle de Simone. Un beau soleil réchauffait l’atmosphère humide du lieu. Nous étions seuls, ou presque. Une voix forte cependant brisait l’apaisant silence de cet espace à part.
Depuis hier soir, ne me quitte plus ce sentiment du dérisoire et de l’insignifiance de la « vie » politique telle que la rapportent et la commentent nos faiseurs d’opinion. Cette vague mais persistante sensation de ne voir dans le miroir qu’ils nous tendent que de misérables gesticulations, leurs singeries à l’annonce publique de la composition du nouveau gouvernement, il y a quelques minutes à peine, m’en donnent l’affligeante démonstration.
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