Contre-Regards

par Michel SANTO

Jean Claude Pirotte est mort ! Un dernier petit hommage …

 
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Je viens d’apprendre la mort de Jean Claude Pirotte. Et suis très triste ! Ce touche à tout de génie était un des rois de la prose de langue française. Un poète d’une grande sensibilité aussi . Il lui arrivait de rédiger ses textes sur le coin d’une table. Il les illustrait parfois d’un dessin qu’il adressait à certains de ses amis. Serge Griggio, un peintre narbonnais de grand talent avec qui j’entretiens une admiration commune pour Pirotte en possède quelques uns.

Ce matin une amie est partie . A Dios, Dodo !

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Elle nous a quitté ce matin Dodo! Dieu qu’elle était belle … Je la revois encore devant les arènes de Béziers un après midi de Féria. À ses côtés Henri. Plein soleil d’août! Droite, élégante … Ses yeux verts et son sourire, si bienveillants! Que dire de son courage face à la maladie et la mort. Sans trembler, elle les a combattues. Digne, élégante. De verdad! Comme elle aimait qu’on combattît  » los toros « . Avec sincérité et noblesse. Elle aimait passionnement l’Espagne et son Andalousie. Un amour que nous partagions. Celui d’une terre où le tragique de la vie se conjugue avec la quête du beau  » geste « . Toujours et en toutes circonstances! À Séville, le plus beau compliment que l’on puisse faire à une dame croisée dans la rue se dit ainsi: « Que altura! ». Il dit tout du respect  que l’on doit à ce don d’exprimer  la beauté d’un corps et d’une âme. Dodo, l’avait! Elle rayonnait; elle rayonne toujours, comme ce matin dans la petite église Saint Bonaventure. Nous y sommes entrés  sur un Ave Maria « con sevillanas ». La grâce d’un dernier geste, bien dans sa manière. A Dios, Dodo !

Lundi de Pâques ! Mystères des martinets …

Martinet-noir--Louis-Eloyve

Lundi de Pâques, 8 heures 30. Un rituel : mes premières tasses de café devant ma fenêtre à observer le ciel. Bas aujourd’hui. Nuageux, sombre. Cela fait deux ou trois jours que j’attendais les martinets . Ils sont enfin là !

Martinet aux ailes trop larges, qui vire et crie sa joie autour de la maison. Tel est le coeur. Il dessèche le tonnerre. Il sème dans le ciel serein. S’il touche au sol, il se déchire. Sa repartie est l’hirondelle. Il déteste la familière. Que vaut dentelle de la tour? Sa pause est au creux le plus sombre. Nul n’est plus à l’étroit que lui. L’été de la longue clarté, il filera dans les ténèbres, par les persiennes de minuit. Il n’est pas d’yeux pour le tenir. Il crie, c’est toute sa présence. Un mince fusil va l’abattre. Tel est le coeur.

 René Char : Le Martinet ( Fureur et Mystères ).

Narbonne! Il y a toujours un peu de Cox et d’Espagne sur les nouvelles Barques !

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Les voilà enfin de retour sur les nouvelles Barques, Michèle et Jean Louis !  Ils officient à présent dans un kiosque flambant neuf aux lignes très design. Qu’elle est loin l’antique « baraque  » d’Augustine devant laquelle mon grand père Antonio me donnait rendez vous le dimanche matin. Le rituel était toujours le même . Après un rapide échange en espagnol, la maman de Michèle se détournait du « Portillo »  –  le surnom de mon grand père – et me tendait une énorme « saucisse » – l’ancêtre du churro : un gros beignet bien gras ! Beaucoup d’autres espagnols faisaient pareillement, tous ou presque venant du même village situé entre Orihuela et Murcia : Cox . Cox, le village d’Augustine et d’Antonio ! Tous deux et leur grande famille, comme beaucoup d’autres, habitaient aussi le vieux quartier de Bourg … C’est dire si ce kiosque représente encore aujourd’hui , pour des gens de ma génération  et de mon milieu d’origine,  plus que sa seule fonction disons alimentaire. Il cristallise toute une histoire, en effet. L’histoire de jeunes gens et de familles entières poussées par la misère ou la guerre qui s’installèrent ici pour y construire des maisons et tailler ce qu’aujourd’hui nous appelons nos vignes… pour y donner naissance et élever aussi des enfants qui n’ont rien oublié de ce passé . Ecrivant ces quelques lignes, me revient à l’esprit ce jour de 2007 où Carmelo, le maire de Cox, et Tayo, son adjoint, étaient venus, à ma demande, prendre un café « Chez Michèle » en compagnie de parents et d’amis .  Ce même jour où les musiciens de la « Armonica » de Cox nous ont régalé d’un «  concert » dans une salle des « Synodes » bondée . S’y massaient de nombreuses personnes qui m’ont connu enfant avec , dans leurs yeux , de brefs et nostalgiques éclats de lumière venus d’un temps qui n’existe plus . Il y avait là des Vicente, des Morales, des Rives, des Gambin, des Jimenez , des Belmonte , des Santacruz … Santacruz, comme Jean Louis, qui , avec sa femme Michèle, ne fait plus des « saucisses » à la mode d’autrefois, mais, comme cela se fait aujourd’hui, de vrais churros, fins et légers ; de ceux que l’on trempe dans un grand crème bien blanc, à la terrasse d’un café d’une « Plaza Mayor » , comme à Sanlucar, un matin de printemps, entouré de ses amis – n’est-ce pas Louis, n’est ce pas Jean Pierre ?… Les visiteurs de notre ville l’ignorent, sans doute aussi beaucoup de ceux qui y vivent, mais presque tous les patronymes hispaniques qui chantent ici viennent de  deux villages : Cox et  Fuente Alamo . Deux villages  voisins : ceux de mon grand père et de ma grand mère paternelle. De sorte que l’on peut dire sans exagération aucune qu’Il y a toujours encore un peu de Cox sur ces nouvelles Barques et « Chez Michèle » !  Un lieu de mémoire qui ne figure dans nul guide touristique ou municipal. Mais c’est le mien !…

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