Première sortie urbaine : une demi heure seulement. Le souffle est encore court, et le masque (sanitaire) n’arrange pas les choses. Le ciel est sombre et bas. Passage devant l’hôtel de police ; une compagnie de corbeaux niche dans les platanes qui le borde : ils s’agitent bruyamment en poussant d’épouvantables croassements. On pourrait se croire dans un film d’après guerre et on s’ imagine allonger le pas : la peur que surgissent de ce commissariat des hommes vêtus de noir. Plus loin, je croise un jeune couple. La jeune femme tient en laisse – en corde ! –, d’une main, deux gros chiens ; son compagnon pareillement ; elle avance, lui à ses côtés, en serrant, dans l’autre, le guidon d’une poussette contenant deux bébés. Affolant attelage ! Je songe à leur quotidien dans un petit appartement du centre ville, dans le quartier de Bourg – je les vois souvent, de ma fenêtre, aller dans cette direction. Je pense surtout à ces enfants envers lesquels j’éprouve spontanément, à tort, peut-être, un pénible sentiment de crainte et tendresse mêlés . Il pluviote ; il est tard ; les rues sont vides : le couvre-feu ! Il est donc temps de rentrer. J’aperçois, au bas de la promenade des Barques, deux policiers municipaux : ils patrouillent, débonnaires, nonchalants. L’ordinaire d’un jour comme les autres. Pas tout à fait dependant. Finalement, ce court moment de « plein air » et d’images, contrairement aux apparences, m’aura fait beaucoup de bien – Je suis sérieux !
Ce titre d’un long entretien donné à Télérama par André Comte-Sponville : “Dans la musique de Bach, on entend l’absolu”. Entendre l’absolu ! Que de grandiloquence dans l’expression ; quel manque de naturel et de sincérité.
« On pourrait dire : accepter le travail, l’effort. Préférer le proche, où le mal est inséparable du bien, aux lointains où règne une clarté pure, mais peut-être fausse ou morte. Préférer aux hommes qui ne jurent que par la perfection d’un Absolu et qui sont souvent dangereux, les spectiques actifs, les endurants, les obstinés. On se retrouverait alors parmi les autres […] J’envie, j’admire l’écrivain qui sait dire des jours quelconques, agrandis secrètement par un espace tout de même inconnu qui est pareil à l’intérieur des instruments de musique ; parce que cet écrivain me paraît plus proche d’une « vérité » entrevue, pressentie. Mais je suis incapable de cela… »
Philippe Jaccottet. À travers un verger. Fata Morgana (1975) : pages 42 et 43
Le rugby, à ce niveau, est le plus beau des sports collectifs. Ce France–Irlande n’est pas une simple victoire. C’est une démonstration. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime […]
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