Madame Serres, la doyenne de Narbonne, cette vieille dame digne, ma voisine, n’est plus…
Elle avait fêté (un bien grand mot !) ses 106 ans, le 6 février. Fatiguée, usée, un « accident » ne lui permettait plus de rester seule dans son appartement. Depuis, elle terminait sa longue vie dans une « maison de retraite ». Combien de fois m’avait-elle dit qu’elle ne pourrait vivre dans ce genre de lieu ; et qu’elle désespérait, son visage tourné vers le ciel, d’enchaîner des jours chaque jour plus pénibles, lourds ; que la vie, en elle, était injuste de s’entêter ainsi à vouloir vivre.
Le Cabinet d’Art Particulier et « Les Grands Buffets Mécénat » exposent Patrick Chappert-Gaujal…
Louis Privat, le patron des « Grands Buffets » n’est jamais à court d’idées – il ne fait jamais rien comme personne ! Surtout quand il s’agit de promouvoir l’art contemporain et les artistes qu’il affectionne. Et qu’il fait, à sa manière, dans des lieux ou des conditions originales, comme autant de « performances ». En 2008, déjà, il demandait à Patrick Chappert-Gaujal, de travailler le métal et d’investir les cuisines de son restaurant de l’Espace de Liberté pour y faire entrer de la lumière et de la beauté. Un « geste » artistiquement, techniquement et professionnellement osé. Et parfaitement réussi ! D’autres artistes suivirent et non des moindres, comme le sétois Di Rosa et ses bronzes, autour de ses fontaines… De sorte que son restaurant est devenu aussi, au fil du temps et des ses « coups de coeur », une « galerie » d’un type particulier, sans finalité marchande, dont l’objet est de redonner à l’art sa fonction ornementale ; de le mettre au contact des publics les plus divers.
Une intense lumière suffit à graver la vérité.
Dans le carnet de Marc Pautrel, chaque jour, trois phrases – parfois notes de travail, parfois journal intime -. (lien direct en cliquant ici)
Dimanche 15 juillet 2018
À quoi occupez-vous vos journées ? à sculpter des montagnes, de plus en plus élevées, de plus en plus nombreuses.
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Je me cale sur la course des planètes, je suis leur révolution, j’adopte leur vitesse.
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Une intense lumière suffit à graver la vérité.
Claude Lanzmann et Jean Cau, une amitié inaltérée…
J’écoute le troisième entretien accordé par Claude Lanzmann à Laure Adler (À voix nues), diffusé sur France le 28/12/2005. Tout à la fin il évoque sa découverte, grâce à un camarade de lycée, de L’Etre et le Néant de Jean-Paul Sartre qui venait de paraître. Ce camarade était Jean Cau [1] : ils préparaient ensemble l’Ecole Normale supérieure à Louis-le-Grand. Cau, raconte Claude Lanzmann, était persuadé que pour réussir dans le monde littéraire et intellectuel parisien, il fallait assurer le « secrétariat » d’un « grand auteur ». Le seul qui répondit à son offre (envoyée aussi à Benda, Genet, Cocteau…) fut Sartre qui, lors d’un rendez-vous au café de Flore, sortit un paquet de « papiers » de sa poche et dit à Cau : « débrouillez-vous avec ça » ; ce qu’il fit pendant onze ans, de 1947 à 1956, rapporte Lanzmann.