Contre-Regards

par Michel SANTO

Si Jacques,Marcel et Eric en avaient…

images-1Après avoir fait , à Béziers, hier après midi , le panégyrique de Marc Bloch, (dont le futur lycée biterrois portera le nom), le président Frêche s’est penché sur la Résistance et, plus surprenant, sur les femmes tondues ! « Il existe aujourd’hui une mode qui consiste à protester contre les résistants qui tondaient les femmes qui avaient couché avec les Allemands pendant l’Occupation. Elles ne pouvaient pas coucher avec les résistants ? Vous croyez que je vais pleurnicher parce qu’on leur a coupé les cheveux ? Mais c’était gentil ! On aurait pu les fusiller … » En fin de semaine dernière, c’était madame la mairesse socialiste de Montpellier,H. Mandroux qui, à son goût : « n’avait pas une vraie paire de c… » Cette insistance dans l’indigne à propos des femmes relève à l’évidence d’un dérèglement des sens, et du reste, qu’on ne saurait imputer aux seuls délabrements neuronaux provoqués par le temps. C’est à un récidiviste de l’attentat moral et politique, prétendument de gauche, auquel ne s’opposent – hélas! – que de trop rares et courageux socialistes héraultais, à  l’instar du président du Conseil Général de l’Hérault, André Vézinhet, que nous avons à faire. Dans l’Aude, au contraire, c’est avec joie et reconnaisance qu’il est attendu. Il parait même que le député socialiste candidat à la mairie de Narbonne le recevra vendredi en grandes pompes et en compagnie de toutes les éminences départementales. Ah! si Jacques, Marcel et Eric en avaient…, l’honneur des Anne-Marie, Murielle et de toutes les femmes outragées serait provisoirement sauvé. Attendons encore un peu avant de faire sonner les cloches de la louange ou du déshonneur…

Les c… de Frêche.

Chaque année le 15 février, les Luperques, vêtus seulement des peaux des boucs sacrifiés, couraient à travers la ville en frappant avec des lanières de peaux de boucs tous ceux qu’ils rencontraient notamment les femmes. Celles-ci ne cherchaient pas à se soustraire aux coups, parce qu’elles croyaient que cela favorisait la grossesse. Dans la même tradition carnavalesque, notre agrégé de droit romain régional, vient d’en balancer une (volée!) à Héléne Mandroux ,que G.Frêche trouve certes charmante tout en considérant  » que le métier politique exige d’avoir une vraie paire de…  » Ce qu’à l’évidence elle ne possède pas et qu’on ne saurait décemment lui reprocher. Après l’équipe de France et ses trop nombreux blacks, voilà maintenant que les femmes manqueraient de testicules ! Je ne sais si Hélène considère cette saillie comme un compliment, mais il me semble que l’honneur et la dignité de son   » sexe « , devraient l’amener à relever le défi de George…, et les lui couper.

La robe et le poing.

150 000 euros pour les reliques de François Mitterrand. Dans le lot, la plus prisée, sa robe d’avocat griffée Cerruti, a été acquise par l’avocat du grand banditisme, Karim Achoui, récemment victime d’une tentative d’assassinat.Facétieux, il affirme devant les caméras: » enfin, la protection dont j’avais besoin « . Georges Frêche, lui, poursuivi pour injures raciales et récemment relaxé, est allé dégotter à Seattle , en attendant celle de Mao, une statue de Lénine. Les bigots ne sont plus dans les églises et les nouveaux Dieux ont de drôles d’habits…

Le sexe et la plume.

« Ce que nous devons absolument avoir, vous de la politique et nous les artistes, c’est l’amour du public », disait Charles Aznavour. La formule est jolie, quoique un peu lourde, mais très ambigüe. L’homme politique doit-il en effet aimer ou se faire aimer du public ? Ma fréquentation professionnelle, assez longue , de ce type humain très singulier m’amène à penser qu’en cela, à de très rares exceptions près cependant , il ne diffère pas trop de son frère chromosonique simien.Se faire aimer et , pour se faire, dominer, tel est son désir.Et tous les moyens sont bons pour satisfaire cette irrépressible pulsion, dans la conquête ou l’exercice du pouvoir, les plus anodins comme les moins avouables : petites flatteries, outrageantes promesses , racolages corporatistes, manipulations, faux espoirs… souvent enrobés d’un rien de vulgarité pour faire « peuple » . On ne suscite pas le désir, en s’adressant à la part rationnelle des cerveaux. En politique, comme dans l’entreprise…Mais aussi dans la plupart des médias où coulent, sans aucune pudeur, des « jets » d’encre et d’images…

Le parler-bas.

imageMiguel Torga, de son “ royaume merveilleux ”, la pauvre et secrète province de Trás-os-Montes, au nord-est du Portugal, était un écrivain-monde à qui on doit : « L’universel, c’est le local moins les murs
« . Il n’est pas nécessaire de beaucoup voyager , en effet, pour connaître et subir l’universelle bêtise des hommes. Comme la pomme de Newton, elle est irresistiblement  attirée vers le bas. Ainsi ai-je lu , en bas de chez moi, chez mon marchand de journaux, ces admirables paroles d’une éminence sénatoriale:  » Travailler avec Narbonne est difficile.Nous attendons que J.B… nous débarrasse de ces gens-là!  » Ah! que de noblesse et de grandeur dans :  » ces gens-là « . On se croirait revenu au temps des valetailles.Donnez du pouvoir à certains hommes, sous tous les cieux, et vous verrez la magnificence de leurs vertus se hisser vers des sommets d’imposture.