C’est Alexandra Schwartzbrod qui nous le dit , dans son édito du journal » Llbération « , sous le titre » Partage » : » la crise économique et l’omniprésence des écrans en tous genres, qui poussent à réduire la part du collectif dans notre vie quotidienne, n’ont pas altéré l’envie et le besoin de nous mélanger avec de parfait(e)s inconnu(e)s, les beaux jours venus, devant un spectacle vivant ou un écran de cinéma, sur une pelouse, dans des arènes, voire à l’ombre d’une église alors que l’on ne croit en rien. » Ainsi donc, pour notre Alexandra, dont le style fait écho à celui du rédacteur en chef de » Nous Deux « , resterait dans notre imaginaire collectif une part du rêve des fondateurs de ce quotidien de la boboïtude avancée, l’esprit de Woodstock et son goût du mélange! A observer cependant les grands mouvements collectifs de ces dernières années , c’est plutôt la revendication identitaire qui semble les caractériser. De la communauté sexuelle, ethnique ou religieuse, à la tribu des » gothiques » et autres joueurs de castagnettes… , ne passe pas une semaine en effet sans qu’un de ces groupes n’affirme son désir de distinction et de reconnaissance – culturelle et parfois même politique ou juridique. Si le partage est souhaité par nos contemporains, ce n’est certainement pas dans le sens de former un mélange comme l’écrit notre chroniqueuse. Le souci et l’envie sont à l’évidence bien du côté de la division, de la séparation, de la distribution, comme on le fait d’une fortune et de ses bénéfices. De sorte que l’individualisme propre à nos sociétés – fut-il citoyen – s’accommode fort bien de ces diverse formes de réunion d’éléments distincts en un tout aux frontières bien définie. Et dans les festivals d’été, l’envie n’est pas tant de se mélanger avec de parfaits inconnus, Alexandra ! que d’y côtoyer son semblable et de s’en faire reconnaître comme tel. Seul, ou presque…
Cette phrase de Gaëtan Delafolie trouvée dans son article sur la » braderie » de Narbonne, lu , ce matin, dans l’édition de la même ville du Midi Libre de ce jour : « Jeudi 1 août, à midi, les terrasses affichaient toutes complètes. » Complètes, bigre ! Complètes, elles l’étaient sans doute les terrasses, mais peut-on dire, sans blesser l’oreille et l’usage, qu’elles affichaient complètes ? Même précédées de toutes, les dites terrasses n’affichaient qu’un seul et même message : complet ! non ? Ce soir là, sur les Barques, les commerçants du centre ville donnaient concert. Le Rive gauche aussi, 50 mètres plus loin. Cacophonie ! Bouillie sonore fortement dosée en violents décibels et pauvres onomatopées anglo-saxonnes. Une purée aux accents d’ici. Incompréhensible aux oreilles d’un hooligan analphabète et beurré… Une affiche de folie, Gaëtan ! Les terrasses étaient clairsemées. Le complet, quoi !
Alain Finkielkraut, a cette vertu de chasser tous les conformismes de notre époque. Le politiquement correct est son terrain de prédilection. Mais aussi ce qu’il appelle le « politiquement ricanant ». Vous savez, ces Guillon et consorts, dont la fonction première est de rameuter sur les tranches horaires les plus rentables le maximum d’auditeurs afin de les gaver d’infos et de pub. Eh bien ce matin ! je tombe sur un extrait de l’essai de François l’Yvonnet » Homo comicus ou l’intégrisme de la rigolade « , qui dit parfaitement ce que je ne saurais mieux dire. Le voici
J’apprends hier, lors d’un dîner sous les étoiles, que nos jeunes gens dorment avec leurs Iphones ( branchés ! dans tous les sens du terme ) délicatement posés sur leurs oreillers. » On se sait jamais « , un copain ou une copine pourrait désirer leur adresser un irrépressible » té où ? « , entendu encore cet après midi sur la plage alors que volait au dessus de ma tête un U.L.M tirant une énorme banderole vantant les performances de la société » Orange « . La futilité qui marque l’essentiel des messages et de nos conversations dans l’espace diurne envahit donc désormais, grâce à ces machiavéliques petits objets, le sommeil et les rêves de nos petits et grands enfants. Le smarphone ( et son icônique modèle à la pomme ) est ainsi devenu le » doudou » du jeune homme ( et de la jeune femme ) moderne, le sein nourricier sur lequel leurs oreilles précieusement se posent, comme si toute la niaiserie du monde leur était d’une absolue nécessité… Le rêve des marchands » de temps de communications » en tout genre et des vendeurs de réclames !
La presse locale de ce matin rend compte des résultats d’une étude réalisée ( par qui au fait , et à quel prix ? ) sur l’offre et l’image touristique de Narbonne. Rien pour me surprendre, puisqu’elle valide ce que j’écrivais en décembre 2009 ( ! ), à savoir que son identité romaine n’existait pas dans l’esprit de ses visiteurs. En effet, disais je : » Si la romanité de Narbonne est bien avérée au plan historique, son patrimoine antique réel, lui, est malheureusement très pauvre. Il se résume en une collection de « pierres », certes intéressante, mais qui ne saurait rivaliser avec « la maison carrée » et « les arènes » de la préfecture nîmoise: des trésors qui illustrent tous les livres d’histoire de la planète traitant de la période romaine. S’il doit donc se faire un musée de la romanité en Languedoc-Roussillon, c’est bien dans la capitale gardoise . Narbonne, a bien d’autres atouts, avec notamment son ensemble monumental autour du « palais des archevêques ». Un « bijou » négligé, mal entretenu et insuffisamment mis en valeur. Alors, plutôt que de courir à grands frais après une « romanité » qui jamais ne pourra rivaliser avec celle de Nîmes, nos élus seraient plus avisés de concentrer leurs énergies intellectuelles, politiques et financières sur le cœur de ville narbonnais . «
Fallait-il donc consacrer autant de ressources intellectuelles (!) et financières pour se rendre à cette évidence ? C’est dire l’urgence, maintenant que le Musée Régional de Narbonne Antique ( MURENA ) a été lancé par la Région dans un quartier périphérique de la ville – et pas encore sorti de terre – à repenser ses futures relations , disons culturelles et urbaines, avec son centre historique et son ensemble monumental. Ce qui ne fait aucun doute à présent, pour ceux qui voulaient se persuader du contraire, à gauche et à droite , c’est qu’il est vain de concurrencer Nîmes sur le thème de » l’identité romaine « . Le chantier est ouvert…
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