La société du spectacle est dépassée !
La société du spectacle est dépassée ! Ne serions nous pas plutôt dans celle du jeu et du mensonge ? Une société dans laquelle le pari semble posé au principe de nos existences. C’est l’idée qui me venait ce matin en pensant aux dernières affaires qui agitent notre moment présent. Le hasard, en maître absolu de nos petites histoires, ne seraient-il pas celui qui par beaucoup serait absolument désiré ? Ne s’imposerait-il pas finalement à des esprits pourtant fabriqués au seul calcul mathématico-physique ? Des esprits apparemment réfractaires à toute logique, si je puis dire, de l’irrationnel. Un comble dans nos sociétés hyper matérialistes ! Un paradoxe absolu. Et pourtant ! Les foules rassemblées sur les champs de course, devant les bureaux de tabac et leurs ordinateurs suffiraient pour en démontrer la banale réalité. Mais, allons plus loin ! Et demandons nous s’il n’y a pas de cela aussi dans d’autres secteurs beaucoup moins prosaïques de notre société. En politique, par exemple, DSK et Cahuzac, ne seraient-ils pas, après tout, les prototypes mêmes de ces grands parieurs devant notre éternel commun. Voilà deux hommes, très riches et dotés de talents que personne n’ignore, deux rationalistes bardés de certitudes intellectuelles, idéologiques, deux financiers de haut vol (!), et qui pourtant ont tout risqué de leur vie en la misant sur le seul pouvoir du mensonge. Comme si le gain fou de se jouer des hommes et de leur commune société uniquement comptait ; et fournissait la preuve de leur totale impunité. La preuve qu’on peut se mesurer au hasard, un autre nom de Dieu, et sur lui l’emporter. N’est ce pas aussi ce qu’il advient au Grand Rabin Bernheim qui, à son Dieu et ses préceptes, vient d’offrir, à son corps et son esprit, hier encore défendants, son sacrifice en pénitence de ses plagiats et mensonges. Allongeant ainsi la liste des romanciers, politologues et philosophes pillant sans compter et, pour certains d’entre eux, se comportant en « négriers ». Quant à nous chers lecteurs, qui n’osons l’avouer, en conscience, qui peut dire : « je n’ai jamais joué, et n’ai jamais parié ! » Quelques lignes lues ce matin ont suscité cette petite et sans doute très maladroite méditation. Celles de la page 64, dans le livre de Denis Grozdanovich « La puissance discrète du hasard » Denoël. Les voici : « L’existence du jeu affirme de façon permanente, et au sens le plus élevé, le caractère supra logique de notre situation dans le cosmos. Les animaux peuvent jouer, ils sont donc plus que des mécanismes. Nous jouons, et nous sommes conscients de jouer ; nous sommes donc plus que des êtres raisonnables, car le jeu est irrationnel. » Bon dimanche et bonnes lectures !




