Après la tentative, heureusement avortée, de désexualisation des livrets de famille au profit d’appellations ( parent 1, parent 2… ) spécifiques aux éleveurs de bovins en batteries , la traque aux« noms genrés » se poursuit emmenée par une dénommée Sandrine Mazetier. Elle est députée socialiste, vice-présidente de l’Assemblée nationale , et demande au ministre de l’Education nationale de ne plus appeler « école maternelle » l’école pour les petits enfants. Petite ou première école l’agréerait ! Dans son élan de bêtise civilisée, notre épuratrice à la mode exigera demain la « neutralisation » des maternités, des sages-femmes, de la rue des Saints Pères ou de la Ville-aux-Dames. Quant aux anges et leur sexe, il nous sera prié de n’en plus parler. Cette dame ( pardon ! ), que personne ne connaît, mériterait que son nom soit désormais inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. Comme emblème de la sottise universelle. Progressiste et avancée !
Un lecteur du Midi Libre s’indigne duprojet de Musée régional de Narbonne antique (Muréna), conçu par l’architecte britannique Norman Foster. «Où est l’esprit visionnaire de Georges Frêche dans ce choix calamiteux?», s’étrangle-t-il! Calamiteux ! Bigre ! Je le trouve très beau, moi, au contraire. Elégant, sobre, d’une grande simplicité de lignes, il me fait penser au Carré d’Art de Nîmes.
Il ne faut jamais désespérer de rien ! Même en politique. La preuve ? Les élus alsaciens qui,le 25 janvier dernier, dans leur trois assemblées, ont voté le projet de création d’une Collectivité Territoriale d’Alsace, par fusion du Conseil Régional d’Alsace, du Conseil Général du Bas-Rhin et du Conseil Général du Haut-Rhin. La prochaine étape sera le 7 avril prochain, jour où est programmé le référendum où les électeurs alsaciens se prononceront sur ce Conseil d’Alsace unique. Leur bon sens devraient les conduire a voter oui. Silence radio, journaux et télé! Pas « vendable » ! On est en effet à des années lumière de la politique spectacle et du piteux débat sur le mariage élargi aux couples homosexuels d’où n’émergent que de furieux procès en homophobie et cathophobie. Alors qu’ en terres alsaciennes , on travaille à rationaliser un empilement ruineux de collectivités locales, à Paris, on distrait les français avec un projet de loi Bobolhandrien. Sauront ils, nos représentants nationaux, entendre cette leçon de Colmar et Stasbourg ? Et nous convaincre de ne point désespérer de voir enfin sérieusement examiner les maux profonds dont souffre ce pays ? Et d’agir au lieu de nous « divertir ».
Dans l’ Indépendant, ce matin, l’annonce par Michel Py, Maire de Leucate et patron de l’ UMP, d’une liste « ouverte à la société civile » conduite par Frédéric Pinet. Rien de surprenant, ce parti prenant acte d’un phagocitage de son électorat, de ses forces militantes et de sa « marque » par un « Moulysme » hégémonique depuis les années 65. Un « Moulysme » à présent fragilisé par la défaite de son représentant aux dernières municipales : le maire sortant Michel Moynier, et la division depuis entre son « canal historique » : Nouveau Narbonne et Didier Mouly, et son « canal dérivé » : Narbonne Oxygène et Patrice Millet (ancien Directeur Général des Services du père de ce dernier et de Michel Moynier) . Pour l’UMP, qui n’a plus rien à perdre et n’enregistre que des défaites aux législatives, 2014 se présente donc comme l’occasion de rompre cette hégémonie politique à droite. Un investissement sans doute risqué, mais qui prend acte aussi du fait que sans leader et présence autonome sur Narbonne ville, ce parti n’enverra jamais un de ses représentants à l’Assemblée. Stratégie de « marque » clairement affichée qui, de plus, compte sur un retournement du « marché » national au détriment du PS. Rien que d’assez classique ! Quand le Front National, ou son avatar, pointera son nez, c’est un quadrige serré auquel il nous sera prié d’assister. Avec pas mal de bousculades, coups de coude et pieds écrasés. L’espace n’est pas assez grand pour tous y « danser », en effet . L’air y sera rare et la chorégraphie, sur une musique de Charles Trenet ( Y’a de la joie, par exemple ), pour l’heure, reste à imaginer… Ah !, hier, belle petite randonnée au dessus du Fort de Salses. Grand soleil, 20 degrés…et amandiers en fleurs. J’ai rêvé, comme au Japon pour les cerisiers, un pays tout entier communiant devant ce symbole d’une éternelle et éphémère beauté…Celle d’une vie si courte, dont chaque instant devrait être savouré. Aimé aurais je du écrire !… Oui aimé…
Hier, en ouverture du débat sur le projet de loi sur « le mariage pour tous », la garde des sceaux a achevé son discours devant l’Assemblée, au demeurant de qualité, par ces vers du poète guyanais Léon-Gontran Damas ( il fut aussi député ) : « L’acte que nous avons à accomplir est beau comme une rose dont la tour Eiffel assiégée à l’aube voit s’épanouir enfin les pétales. ». Comment dire ! Quand un poète est convoqué dans ce genre de circonstances, sa poésie perd tout son pouvoir d’émancipation spirituelle. Le poète n’a besoin de rien prouver : « sa seule preuve réside dans l’intensité de son émotion » ( M. Kundera ). Et quand son souffle achève le discours d’un ( e ) professionnel ( le ) de la politique, pour orner ou clore son argumentation, il en sort, souvent, pour ne pas dire toujours, par sa bouche, tristement ridicule. Comme un cygne hors de l’eau. Laissons donc la parole à ce même Léon-Gontran Damas pour conclure : « Citez-m’en / citez m’en un / citez m’en un / un seul de rêve / qui soit allé / qui soit allé / jusqu’au bout du sien propre. » (Névralgies : page 78, Présence Africaine). Le poète a toujours raison: le rêve est son royaume ! Laissez le donc, Madame Taubira, nous faire rêver encore.
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