Mes pages: Celle ci, de Flaubert, tirée de sa correspondance, sur la mode. Un morceau d’anthologie. Pour lire la suite, continuez sur ce lien. Bonne lecture!
À LOUISE COLET.
[Croisset] Dimanche soir [29 janvier 1854].
Mais, comme il ne s’agit pas de déclamer contre le bourgeois (lequel bourgeois n’est même plus bourgeois, car depuis l’invention des omnibus la bourgeoisie est morte ; oui, elle s’est assise là, sur la banquette populaire, et elle y reste, toute pareille maintenant à la canaille, d’âme, d’aspect et même d’habit : voir le chic des grosses étoffes, la création du paletot, les costumes de canotiers, les blouses bleues pour la chasse, etc. ), comme il ne s’agit pas cependant de déclamer, voici ce que je ferais : j’accepterais tout cela et, une fois parti de ce point de vue démocratique, à savoir : que tout est à tous et que la plus grande confusion existe pour le bien du plus grand nombre, je tâcherais d’établir a posteriori qu’il n’y a pas par conséquent de modes, puisqu’il n’y a pas d’autorité, de règle. On savait autrefois qui faisait la mode, et elles avaient toutes un sens (je reviendrais là-dessus, ceci rentrerait dans l’histoire du costume qui serait une bien belle chose à faire, et toute neuve). Mais maintenant, il y a anarchie, et chacun est livré à son caprice. Un ordre nouveau en sortira peut-être.
Après un directeur d’OPHLM s’indignant dans la presse locale d’un travail de sape qu’orchestreraient certains de ses collaborateurs malveillants, voilà que des employés du centre technique municipal de Narbonne manifestent aussi leur colère, par la même voie médiatique, au motif que deux de leurs collègues goudronneurs ont été mis en garde à vue pour cause de « travail au noir ». Ce qui, pour le porte parole, scandalisé, de ces « malheureux fonctionnaires territoriaux » serait d’usage courant et moralement légitime. Et toléré, puisqu’il semblerait, à son dire, qu’une enquête aurait été diligentée en interne par la municipalité, et « qu’il n’y aurait eu aucune sanction» ! Résumons donc : le travail au noir serait pratiqué par des employés municipaux en pleine connaissance du maire et de ses services . Circulez ! Il n’y a rien à voir, nous disent aujourd’hui les premiers. Le silence, pour l’heure en tout cas, régnant chez les seconds. La presse locale, quant à elle, prudente et réservée, comme d’habitude, assurant le minimum syndical (chut !!!). On imagine d’ici ses titres et ses chroniques si cette rocambolesque et pathétique affaire des goudronneurs de Narbonne avait éclaté sous l’ancienne municipalité. Mais bon ! la presse est libre, n’est-ce pas ? Restent les Pandores locaux pour l’éclairer. En espérant que nos malheureux lampistes ne porteront pas seuls le chapeau …
Narbonne est une petite ville qui se veut grande. Grande elle le fut ; son passé en témoigne. De sa romanité, d’augustes « pierres » le confirment. Et de sa gloire sportive, de poussiéreuses archives aussi. Classe et rigueur, à défaut d’avenir, devraient chez nos « puissants » en garantir au moins l’histoire. Hier pourtant, se défaussait sur ses collaborateurs un directeur d’office HLM, imité peu après par l’édile municipal (1) chargé du « nettoiement de la Ville ». Si la ville est sale, en effet, c’est aux narbonnais qu’on le doit nous dit-il. Pour preuve ! le doublement des effectifs et un budget monté à 1 ,3 millions d’euros. A se demander comment, sous l’ancien pouvoir, elle pouvait être propre sans tous ces moyens. Narbonne se voudrait grande, mais elle joue « petits bras ».
Je vais rarement au cinéma. La seule idée de devoir prendre ma voiture pour me retrouver dans un CGR situé dans une zone industrielle m’en dissuade souvent. Et puis, autant l’avouer, je préfère le plaisir égoïste de la lecture. Mais je ne sais pour quelles raisons, la pression de mes proches sans doute, j’ai fini par aller voir « Intouchables », ce film au succès « fou » et aux caractéristiques apparentes qui me tiennent en général à distance critique des grands comme des petits écrans.Eh bien, autant le dire tout de suite, ce film m’a ému par sa profonde sensibilité, sa grande humanité. Et la réflexion d’une amie croisée à la sortie : « Il vaut mieux être riche quand on est handicapé » n’a pas réussi à éteindre en moi ce premier sentiment. Certes j’aurais pu jouer le cuistre bien-pensant en digressant sur le registre Intouchables-Touchés par l’amour, la reconnaissance, le respect… Ou par le classique film métaphore de la société française opposant la vieille France bourgeoise, blanche et paralysée à celle de demain, jeune, banlieusarde et sans complexe. A la manière d’unPascal Richéqui nous sort par exemple ceci : « En réalité, si ce film plaît tant, c’est parce qu’il présente une histoire aussi éloignée que possible de notre réalité concrète. Elle se passe dans un univers parallèle : un monde qui n’existe pas. (…) Il y a certes une crise, qui ressemble à la nôtre, mais elle est simplifiée, caricaturée, sublimée. Il y a certes des classes (avec des très-très riches et des très-très pauvres), mais ne cherchez pas de lutte les confrontant. » Ou encore « C’est une France à l’image de Philippe, le tétraplégique du film : immobile, impuissante, vieillissante. Et accrochée au rêve improbable qu’un jour, quelqu’un ou quelque chose viendra sans brutalité la réveiller. » Des bêtises, pour ne pas dire plus, qui n’auront pas réussies à gâcher mon plaisir. Celui de goûter une histoire simple qui nous raconte comment par le soin et l’attention portée à l’autre, le dialogue, la patience et le respect, deux être que tout oppose trouvent le chemin de l’amitié et de l’amour. Un film qui touche le cœur sans passer par la case cerveau…Un film qui fait du bien !
En faisant ma revue de presse, je » tombe » sur l’édito de Jean Pierre Denis : » Quelle rigueur « . Il reprend le thème de mon dernier billet en insistant sur la manipulation des consciences par l’utilisation de la bonne vieille théorie du bouc émissaire ou de la main invisible. A lire d’urgence pour sortir de l’état d’hébétude dans lequel nous plongent les » médiapolits » ( contraction de médias et politiques, évidemment ). La bonne nouvelle quand même est que quelques uns d’entre eux restent soucieux de vérité et, osons le mot, de morale publique.
Extrait: » Ce n’est pas seulement pour faire plaisir aux agences de notation qu’il faut entreprendre un effort de redressement collectif. C’est aussi et surtout pour éviter de laisser à nos enfants le poids cumulé de trop de lâchetés gouvernementales bien partagées, hélas, par l’opinion publique et par les partis de tout bord. De la même manière, il est un peu court, voire manipulateur, de dire que ce sont les agences de notation, les institutions européennes ou l’euro qui nous imposent la rigueur. Celle-ci devient inéluctable parce que nous ne pouvons plus nous payer notre mode de vie. Tout simplement. «
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