Contre-Regards

par Michel SANTO

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Les loups dans la rue!

Dans le Monde, une dame, philosophe de son état, s’interroge gravement : ” Quel est le crime de Jean-Marc Rouillan? “  Sa réponse: non pas le meurtre de Georges Besse et son absence de regret mais ” … d’être cohérent avec lui-même. Et, là, tout le monde est bien embêté, à gauche surtout, parce qu’il devient le miroir de nos hypocrisies et de nos petits arrangements avec nos utopies.” En clair: la gauche réformiste est incohérente et hypocrite. Elle a troqué ses idéaux contre de petits accomodemments et s’est révélé incapable de construire ” un espace politique qui prenne en compte nos aspirations au bonheur, à la reconnaissance et à la justice.” Que ça!  Vient enfin la menace que je voyais poindre dans mon billet d’hier et qui s’exprime ouvertement aujourd’hui dans le quotidien de nos élites: ” Nous vivons à une époque où le capitalisme a atteint son maximum de violence. La crise financière exige des têtes, des coupables à désigner à la vindicte populaire. C’est fait, on peut même dire qu’il y a consensus sur le nom des coupables. Mais, attention, nous pourrions prendre M. Sarkozy au mot, et aller attendre Carlos Ghosn à la sortie de l’usine pour lui demander des comptes.”  Le message est limpide: ne nous trompons pas de bouc émissaire , Jean Marc Rouillan ne doit pas être celui de notre ” propre impuissance “, car en lui s’incarne la pureté et la noblesse de nos idéaux trahis. Feu donc sur celui qui semble faire consensus: ce Carlos Ghosn au nom exotique et imprononçable! Les loups sont déjà dans les colonnes du Monde. A quand dans les rues?

Le sommeil de la raison enfante des monstres.

La grave crise que nous vivons ( subissons plutôt ) est une véritable aubaine pour les démagogues de tout-poils. De gauche et de droite. Pour les uns c’est la faute du marché, du libéralisme et du capitalisme, pour les autres, celle d’ américains avides de consommation et de financiers avides de profits.Et tous de taper sur les dirigeants des grandes entreprises, leurs parachutes dorés et autres scandaleuses primes à l’échec. Boucs émissaires en or, si je puis dire, ciblés par un Sarkozy qui n’a pas attendu que l’ultra gauche et la gauche modérée s’en repaissent. Manoeuvre propre, certes, à satisfaire la colère des foules mais qui, en d’autres temps, comme chacun sait, s’est étendue à d’autres catégories de fusibles sociaux pour finir dans la honte et le déshonneur… Entendons nous! Qu’il faille moraliser les revenus des chefs des grandes entreprises, personne ne le  discutera. Qu’il convienne de mettre en place de nouveaux outils et de nouvelles instances de régulation, c’est l’évidence même. Qu’il soit nécessaire de redéfinir les normes juridiques, comptables et financières du capitalisme mondialisé et sanctionner les comportements déviants, bien sur. Mais, ce qui n’est pas tolérable dans la situation actuelle c’est d’ajouter de l’hystérie politique à l’hystérie des marchés et à l’anxiété de nos concitoyens. Le sommeil de la raison enfante en effet ( toujours ) des monstres ( Goya ).

Devines qui téléphone ce soir…

Jusqu’ici je me portais assez bien. En surpoids, certes. Mais point trop puisque l’ayant toujours été. Avec un peu d’arthrose et de cholestérol aussi. Et de diabète, comme tout le monde. Bref, mal en point mais normal! Et puis voilà qu’hier, alors que mon cerveau me commandait de décrocher le téléphone, pas moyen de me lever. Cloué dans mon fauteuil. Les jambes plombées. Comme Fortis et Deixa. Imaginez mon angoisse! De très courte durée cependant, le médecin du SAMU m’ayant très vite rassuré. Rien à voir avec mon surpoids, mon arthrose, mon cholestérol et mon diabète. Le coup de fil, qu’il me dit! Il est vrai que si mon fils ne m’avait pas appelé de New York,où il réside, jamais je n’aurais tenté ce brusque et coûteux effort à l’origine de ma paralysie. Faut dire que ce soir là, j’attendais l’appel de mon banquier…

Frêche manipulateur de sénateurs.



Lu et visionné ceci sur le site de Marianne2fr : Dans une vidéo tournée par la télévision locale 7L TV, le président de la région Lanquedoc-Roussillon se vante auprès de François Commeinhes, maire UMP de Sète, d’avoir « inventé » les listes de Gérard Delfaut et de Ferdinand Jaoul (présentée comme liste « des chasseurs »). Le but : causer à gauche un émiettement des voix permettant à la liste PS de Robert Navaro de se hisser en troisième position et de décrocher le siège qui serait revenu à Christine Lazerge, la colistière du candidat dissident. Une manœuvre réussi de justesse, l’opposant au favori de Frêche n’ayant raté le deuxième siège que de 40 voix.
Caroline Rossignol, la journaliste qui a tourné le sujet, a le lendemain de sa diffusion été prise à partie par Frêche qui lui a assuré que « ca allait se payer ». Comme s’il était à une casserole près
… “
Edifiant!