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Retour de Cox.

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Je rentre de Cox, un village de la province d’Alicante d’environ 5000 habitants. Qui est aussi le village natal de mon grand père Antonio.

Comme beaucoup de ses amis, parents et voisins chassés par la misère, il en est parti dans les années 20 pour s’installer à Narbonne. La France avait alors  besoin de jeunes hommes, la première guerre mondiale ayant envoyé les siens remplir les cimetières.

Tous les Rives, Fulleda, Cuenca,Santacruz,Gambin,Pamies,Jimenez,… de Narbonne viennent de ce petit coin d’Espagne. Et tous ou presque vivaient dans le quartier de bourg. Si Narbonne est un peu ce qu’elle est aujourd’hui, elle le doit en partie à tous « ces gens de peu » qui lui ont donné toute la force et l’énergie dont ils étaient capables.

Encore aujourd’hui, il n’est pas une famille de Cox qui ne connaisse Narbonne. J’ai pu le vérifier par l’accueil chaleureux qui m’a été fait dans les rues du village, le lendemain d’un rapide passage sur la télé locale. Je ne pouvais faire un pas sans être accosté par une personne prête à me raconter ses vendanges ou ses années de travail et de vie dans notre ville… Que d’émotions!

Je pense notamment à Carmen, qui vécut 53 ans en France après avoir épousé un français de Narbonne, et dont le père venait de Cox, lui aussi. Ou à Sonia, la fleuriste, qui vient régulièrement retrouver sa famille restée ici , et prendre un verre, sur les Barques, à la terrasse de  » Chez Michele  » , tenue par des  » enfants  » de Cox !…

Ce retour aux sources de cette immigration espagnole, Michel Moynier, le maire de Narbonne,mon ami d’enfance, le souhaitait. C’est donc avec un  » mandat  » d’ambassadeur que je m’y suis rendu, accompagné de M.L. Etero, la responsable du tourisme à la mairie de Narbonne et de J.P Chaluleau, journaliste à l’Indépendant.

De nos rencontres et de nos discussions, des projets de « coopération » ont été évoquées avec le maire de Cox et ses collaborateurs, qui, très prochainement, verront le jour. Mais il est trop tôt pour en parler ici…

Ainsi,loin de toute nostalgie ou de repentance, un hommage particulier sera rendu à ce moment de notre histoire, ainsi qu’à toutes ces familles, comme la mienne, venues de si loin et qui, pour beaucoup,sont restées…

 

Un chien qui miaule.

 

Dans le journal « Le Monde », d’aujourd’hui : Julien Dray, a demandé « que toute la lumière soit faite sur ces incidents ». Il a estimé que ces affrontements « illustrent le climat de tension, le fossé et la violence désormais installés entre la police et la population »

Ah ! les mots en disent souvent plus sur ceux qui les prononcent que sur les réalités qu’ils sont censés représenter.

Ainsi, pour Julien Dray qui, depuis quelques temps, se taille une figure de Ministre de l’Intérieur d’un gouvernement présidé par Ségolène Royal, les scènes d’émeutes d’hier à la gare du Nord seraient des incidents (?) et illustreraient la violence installée entre la population (bis ?) et la police.

La population ? Mais laquelle sacrebleu ? La laborieuse, l’agricole, l’ouvrière, la scolaire, l’active. Celle du globe, la française. Celle des banlieues, peut-être. Ou bien alors celle de cités. Ou bien encore celle de certaines cités. Ou bien…ou bien…

De bons maîtres m’ont enseigné que la compréhension d’un problème, d’une question…d’une réalité quelconque supposait une correcte dénomination. Là, pour le coup, la confusion est à son comble. Et on voit bien ce qu’elle masque : la peur de dire l’ignorance, la brutalité et la bêtise de groupes d’individus pour qui l’autorité de la loi et les valeurs de la république n’ont aucun sens. Une infime minorité que Monsieur Dray enveloppe d’une bienveillante et innocente population.

Il existe une formule pour désigner ce genre de confusion sémantique : « Un chien qui miaule ». Pendant ce temps, Le Pen, lui, rigole…

Dits de Jacques Imbert.


 

Rangement de ma bibliothèque. Une façon de parler. Dérangement serait plus approprié. Un rituel pour replonger au hasard dans des textes qui ne me quitteront plus. Ainsi cet étrange ouvrage : journal, poésie, prose…de Jacques Imbert « Les jours et les autres », édité par Jacques Brémond.

Le 13 octobre 1988, il écrit ceci : « Première amabilité entendue, d’élu à élu, sur le sol languedocien : Je te couperais en tranches comme un kiwi ! ».

Six ans plus tard, le 14 octobre 1994 : «  Il nous félicite pour notre enthousiasme et je ressens aussitôt, sous l’apparence du compliment, un insondable mépris. »

Et le 25 novembre 1989 : « Ne pas oublier ce que Pierre Emmanuel appelle la préméditation de l’inconnu et à laquelle rien ne résiste, pas même les systèmes les mieux organisés. »

J’ai oublié de préciser que Jacques Imbert était aussi Directeur Régional des Affaires Culturelles. Je l’ai rencontré à quelques reprises, à Montpellier, lorsqu’il exerçait dans notre région. A une époque où la communication s’est saisie de la culture…

Une obsédante névrose.

 

Cette campagne prend un drôle de tour. Enfin, drôle, si on veut. A droite, Sarko cite Jaurès. A gauche, Ségo chante la Marseillaise. Avant, les choses étaient plus simples. A la croix de Lorraine, au drapeau tricolore et à l’hymne national s’opposaient la rose, le drapeau rouge et l’Internationale. A présent, quand Nicolas promet un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, Madame Royal se dit effrayée et se propose in petto de distribuer des drapeaux bleus blancs rouges à tous les français. Au final, tous les deux, comme tous les autres, à la notoire exception de F. Bayrou qui fait la campagne qu’aurait pu faire D.S.K, se rejoignent pour vilipender l’Europe, la banque centrale européenne, la mondialisation, et que sais-je encore, puisqu’il est définitivement entendu que les maux dont souffre ce pays sont imputables au monde entier et non à ceux et celles qui nous gouvernent depuis…si longtemps ! Signes manifestes d’une  vieille et glorieuse nation désemparée, bousculée dans ses repères par une ouverture au monde difficilement acceptée. Et qui vit sur l’idée que c’est aux autres peuples à s’adapter au modèle français et non l’inverse. Quand donc sortirons nous de cette obsédante névrose qui tord et déforme le meilleur de notre histoire et de ses acquis ?

Georges Dillon.

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Je ne juge pas l’histoire et les hommes qui la firent avec les lunettes déformantes du présent. Je ne supporte pas les fausses indignations des vrais dévots d’une République laïque fantasmée. Je souris jaune à la mise en scène permanente du passé pour de petits profits partisans. Et j’ai, pour finir, le plus grand respect pour l’œuvre de Monseigneur Dillon et la pensée du cardinal Lustiger. Mais on me permettra de trouver les cérémonies qui ont présidé au retour des « restes » du grand archevêque à Narbonne dignes d’un médiocre péplum. Cet homme et son « petit tas de secrets » méritait quand même mieux que ces noirs décors au milieu desquels tournoyaient  quelques toges rouges et la blanche hermine de G. Frêche, puissance invitante, qui a réussi le tour de force de brosser son autoportrait tout en feignant de dresser le bilan de son illustre prédécesseur : « Nul n’est parfait ! Tous les grands hommes ont des hauts et des bas. Et beaucoup de gens finissent difficilement. Mais ne compte que ce qui reste… » Les harkis, les blacks et tous ceux qui, hier et demain, ont été et seront humiliés par ce personnage ont déjà fait le leur…Cela dit, la presse locale, muette d’admiration, s’est réjouie de la qualité du spectacle et du talent des acteurs !  

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