Contre-Regards

par Michel SANTO

XV de France. Comment retrouver le goût de la “prise de risque”, le sens de l’adaptation et le droit à l’erreur…

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Le XV de France face à la Nouvelle-Zélande – 17 octobre 2015 – AFP

L’équipe de France de rugby à XV produit le même jeu que celui proposé en Top 14 et en Pro2: stéréotypé, ennuyeux, prévisible. La prise de risque et le droit à l’erreur y sont bannis. Comment s’en étonner?  Graham Henry, l’ancien coach des All Blacks, champion du monde en 2011, n’y va pas par quatre chemins. Le coupable de l’humiliante défaite française contre la Nouvelle-Zélande samedi soir en quart de finale (62-13), n’est pas Saint-André ou les joueurs, mais bien le Top 14, le soi-disant “meilleur championnat du monde”. “La compétition française est pauvre”, explique-t-il au New Zealand Herald. “C’est la compétition professionnelle la mieux payée du monde, mais elle ne peut pas produire de joueurs parce qu’ils sont mal coachés et surpayés”. Boum!t  Et d’insister, en tapant une belle chandelle: “Tout n’est qu’une histoire de sponsors et de télé. Ils sont en train de ruiner le rugby français”. Les raisons de la médiocrité de notre rugby sont structurelles, en effet.

Du mauvais usage de Marine le Pen, et du très bon avec Richard Ford…

«Il est pas que je me sens chez moi ici - je ne me sens pas à sa place»: Richard Ford dans la maison qu'il loue chaque automne à Clifden, en Irlande. Photo: Karen Robinson pour l'observateur

Photo: Karen Robinson pour l’Observateur

Ce n’est qu’un “échauffement”, mais, le lendemain des résultats des élections régionales de décembre, le phénomène risque de prendre de l’ampleur. Surtout si l’extrême droite lepeniste gagne une ou deux régions: le Nord Pas de Calais et PACA, ou les perd d’extrême justesse du fait d’un retrait des listes du PS au deuxième tour. À coup sûr, jusqu’en 2017, Marine le Pen et le FN seront placés, par l’ensemble de la “classe journalistique” et “culturelle” et la gauche politique, au centre du débat politique national sur les seuls thèmes de la lutte anti-raciste, notamment, et avec elle, dans le même camp du “mal”, la droite dite de gouvernement présentée comme son alliée “objective”, pour reprendre une rhétorique utilisée jadis par le PCF et l’extrême gauche afin d’expédier leurs adversaires politiques dans “l’enfer” du discrédit moral.

Le coup d’éclat permanent de Robert Ménard, par Manuel Cudel…

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Remarquable dossier signé Manuel Cudel dans le dernier numéro de l’Express. L’ancien rédacteur en chef de l’agence narbonnaise du Midi Libre y déploie un sens aigüe de l’enquête sans tomber dans le travers habituel, s’agissant de Robert Ménard, de l’invective idéologique ou morale. Dans son style habituel, tout en souplesse et profondeur, rien n’est cependant laissé dans l’ombre des relations, emportements, postures et provocations politiques de son personnage. Son premier cercle de conseillers, leurs rôles et leurs origines politiques, de l’extrême droite à la gauche bitteroise, sont notamment bien mis en lumière. Comme le rôle de son épouse avec laquelle il entretient des rapports fusionnels: “Plus qu’une épouse, Emmanuelle Duverger est perçue aujourd’hui comme la femme qui murmure à l’oreille du maire.

Région LRMP: Régionales2015. Un sondage qui marque une inflexion de la dynamique électorale…

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Contrairement à ce qui se lit dans la presse régionale, les sondages se suivent et ne se ressemblent pas. Le dernier en date, réalisé par l’Ifop pour La Dépêche du Midi, Midi Libre, l’Indépendant, Centre Presse et la Nouvelle République des Pyrénées, le démontre. Il confirme en effet une dynamique qui, plus on se rapproche des échéances, les têtes de liste étant toutes quasiment désignées, favorable aux listes conduites par Louis Aliot, Dominique Reynié et Philippe Saurel. Comme je le précisais dans un précédent billet, dans un contexte politique national marqué par une forte dégradation de la cote de l’exécutif socialiste, avec un scénario devenu classique d’élections intermédiaires sanctions, la campagne électorale des régionales sera une campagne éclair sur des enjeux nationaux, marquée par un fort taux d’abstention.