Contre-Regards

par Michel SANTO

Mélanchon”pète les plombs”.

 
Pétage de plomb de Mélanchon, pour qui Soljenitsyne “appartient à la vieille tradition russe, homophobe, limite antisémite, très marquée par l’ancien temps féodal qu’il admirait beaucoup”. Les mêmes mots, ou presque, que ceux prononcés par Andropov, alors patron du KGB, pour déconsidérer celui qu’il venait d’expulser d’URSS. Comme si la dénonciation de l’univers du goulag ne pouvait l’être que par des gens de gauche et des communistes en particulier. Alors que l’histoire contemporaine retiendra plutôt les noms du grand écrivain russe, celui de Walesa et de Jean Paul II, notamment. De droites?Je n’en sais rien et ne veut pas le savoir. Antitotalitaires et rebelles à une société de casernement, ils le furent et cela me suffit. Prisonnier de sa culture marxiste et de son tropisme trostkyste, notre sénateur socialiste ne supporte pas de voir le vieux monde de ses idées s’écrouler. Et sa rage lui fait écrire dans son blog ces propos ignomineux: Je dis que le départ de Soljenitsyne ne manquera pas à la pensée de notre temps. Soljenitsyne était une baderne passéiste absurde et pontifiante, machiste, homophobe, et confis en bigoteries nostalgiques de la grande Russie féodale et croyante. Je n’oublie pas. Je ne pardonne pas.C’était un perroquet utile de la propagande «occidentale». Utile car au contraire de tous ceux qui avaient dénoncé avant lui le goulag et les camps staliniens, Soljenitsyne était une voix de droite parmi les plus réactionnaire. Les textes de Christian Rakovski et combien d’autres (oserais je mentionner Léon Trotski ?) ne reçurent ni prix Nobel, ni grasses subventions, ni hébergement fastueux, ni aucun des colifichets dorés dont Soljenitsyne fut gorgé comme une bête de commémorations anti progressiste mise à l’engrais Pour ce qui concerne les honneurs et les ors du pouvoir, Mélanchon, qui est de gauche et sans retenue, n’a vraiment pas de leçons ( !!! ) de colifichets, de résidences et de protections à donner à Soljenitsyne, qui serait de droite. L’ Archipel du Goulag n’est pas le Sénat et Jean Luc ( le petit ) ne sera jamais Alexandre. Sectaire et vieux jeu, tout juste une jeune baderne confite en bigoteries nostalgiques de la grande ” révolution prolétarienne et permanente… “

Siné et les loups.

Avec l’ affaire Siné, un vieux monsieur qui vient de se faire virer de Charlie Hebdo pour avoir écrit des lignes indignes sur Jean Sarkozy, remonte à la surface un antisémitisme à prétention sociale. Celui d’une certaine gauche qui amalgame le Juif à l’argent, à la banque et au capitalisme, et Israël à ” l’extermination” des palestiniens, l’Amérique impérialiste de Busch et l’oppression des musulmans.  Une “gauche” qui n’hésite plus à s’afficher dans les colonnes de nos grands quotidiens et dans les commentaires de ses lecteurs. Et qui, dans notre histoire, n’est pas sans titres de bassesses. Ainsi Proudhon, le père de l’anarchisme français, écrit-t-il dans ses Carnets (1858 ) à propos de la «race juive»: «Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi […]  Le Juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l’exterminer» Et le jeune Marx lui‑même, d’assurer, dans un discours douteux dans La question juive écrite en 1844 alors qu’il séjournait en France: «L’argent est le dieu jaloux d’Israël, devant qui nul autre dieu ne doit subsister» Quant à Jaurès , pourtant déjà acquis à la cause dreyfusarde, il déclare encore, en juin 1898, non sans ambiguïtés : «Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la fièvre du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de cor­ruption et d’extorsion. Mais nous disons, nous : ce n’est pas la race qu’il faut briser; c’est le mécanisme dont elle se sert, et dont se servent comme elle les exploiteurs chrétiens.» En pleine crise identitaire et dans un climat d’antisarkozisme haineux, la tentation du bouc émissaire juif ressurgit donc.Et pour la plus grande joie des émules de Maurras et de Drumont, elle vient d’une gauche radicale et intellectuelle qui, malheureusement encore, bénéficie d’un statut d’instance de légitimation idéologique. Sombre temps, les loups arrivent…
 

Besson! un Chardonne qui aurait “fait 68″…

 Un extrait de la dernière chronique de Patrick Besson , dans Le Point de cette semaine. C’est vif et vrai. Stylé et plein d’humour : ” Cohn-Bendit : sur quel ton il s’est adressé à notre président. Il l’a pris pour un CRS de 1968. Ou alors c’est un ex non répertorié de Carla. Le trémolo de l’indignation dans la culotte du dalaï-lama. Ayant abandonné la lutte des classes depuis plusieurs décennies, Cohn-Bendit est obligé de trouver de nouveaux prolos pour faire entendre sa voix de stentor qu’il adore. Tibétains de tous les pays, unissez-moi. Il va chercher un combat de gauche au bout du monde, tellement il ne veut pas en trouver un chez nous. Ça le démoderait de lutter contre les conditions de vie et de travail des ouvriers et employés européens. Lui ferait perdre son aura dans les médias. Ses complicités dans les journaux. On pourrait le confondre avec Besancenot, Chevènement ou Aubry. Ce qui ne serait pas moderne. Dany, c’est le styliste de la révolution. Comme Lagerfeld, pas comme Stendhal. “
Besson, lui, est  un sceptique amusé,un virtuose du paradoxe. Chaque phrase de sa prose pourrait servir de citation: ” Le maigre est méchant car il a faim et il envie le gros parce que l’autre a bien mangé.”  Comme un Chardonne qui aurait ” fait 68 “…

François… Pavlov.



La caravane de la réforme des institutions est passée et les socialistes, tendance Pavlov, continuent d’aboyer. Il en est quelques uns, cependant, qui, franchement dans l’opposition, ne se contentent pas de plagier J.F Khan. Comme
Manuel Valls et d’autres, dans le Monde:
L
‘adoption de la réforme constitutionnelle conduit à s’interroger sur la pertinence de la stratégie du Parti socialiste”, écrivent les députés socialistes Christophe Caresche (Paris), Jean-Marie Le Guen (Paris), Gaëtan Gorce (Nièvre) et Manuel Valls (Essonne) dans une tribune à paraître, mardi 22 juillet, dans Le Monde (daté du 23 juillet). Les quatre élus dénoncent notamment “une incapacité” du PS “à s’abstraire d’une forme d’anti-Sarkozysme pavlovien qui le conduit à s’opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République”.Et que reprend l’édito au canon de Laurent Joffrin dans Libé :
” Pourquoi, sinon sur la base d’un raisonnement à courte vue, se transformer en opposant de Pavlov qui dit blanc quand Sarkozy dit noir, et noir quand il dit blanc, y compris sur les mêmes sujets ? Cela plaît peut-être aux militants. Les logiques de parti échappent parfois à la logique tout court. Mais cela ne fait guère progresser le débat politique, et encore moins l’opposition. ” Ce que confirme François, qui persiste dans sa pavlovphilie délirante, avec cette perle d’humour noir  : ” le perdant, c’est Nicolas Sarkozy “. Ouah !!! Ouah!!!


 

 


Il n’y a que la vérité qui persuade!

ARRETE DE RAMER, T'ES SUR LE SABLE !Professeur de droit constitutionnel à Paris-X et ancien membre du comité Balladur, Guy Carcassonne , qui conseilla Michel Rocard, estime que si la réforme est adoptée, «le Parlement va enfin pouvoir faire un utile travail de contrôle». A l’inverse, Robert Badinter, péremptoire, prend date et affirme dans un style démagogiquement mélanchonnien qu’on ne lui connaissait pas : ” Lors de la prochaine alternance, la gauche devra donc présenter un projet de révision constitutionnelle, soumis directement au pays par voie de référendum. Il devra inclure la reconnaissance du droit de vote aux élections municipales des immigrés régulièrement établis en France. Cette réforme-là, si importante pour l’intégration, est ignorée par l’actuelle révision.Dans ces conditions, libre à qui le veut de danser un pas de deux constitutionnel avec le président de la République. Ce n’est pas notre choix.”  Quant aux français: Selon un sondage Ifop à paraître dans l’hebdomadaire dominical, ( ils ) plébiscitent la réforme des institutions avec 90% d’approbation pour certaines propositions.”  Ce qui, traduit en langage participatif et populaire par Ségolène dans Le Parisien publié dimanche, veut dire “Il ne serait pas moral de donner quitus à un gouvernement qui, tous les jours, donne de mauvais exemples de gestion des affaires publiques”. A l’entendre, elle comme son ex, nous viennent à l’esprit les analyses de Grimm sur les postures et procédés de Rousseau : « M. Rousseau est né avec tous les talents d’un sophiste. Des arguments spécieux, une foule de raisonnements captieux, de l’art et de l’artifice, joints à une éloquence mâle, simple et touchante, feront de lui un adversaire très redoutable pour tout ce qu’il attaquera ; mais au milieu de l’enchantement et de la magie de son coloris, il ne vous persuadera pas, parce qu’il n’y a que la vérité qui persuade.» 

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