Contre-Regards

par Michel SANTO

L’insoutenable lourdeur de Frêche.

Georges Frêche, préside la Région Languedoc-Roussillon. Il est de surcroît professeur des Universités. Ce qui, de nos jours, n’est pas une garantie de clarté et de style. Vous me direz que personne ne lit ses éditoriaux et que l’entendre suffit à nous révolter. Certes! Mais ce Monsieur aime à donner des leçons au monde entier, aussi ne puis-je résister au plaisir de vous livrer son dernier écrit qui, en cours moyen de 2ème année, aurait probablement obtenu d’un enseignant au libéralisme ( bourgeois, évidemment! ) avéré, la note de 2/20. Voici donc ce chef d’oeuvre : Dans un contexte de crise financière, économique et sociale, la Région construit un budget adapté en soutenant l’économie réelle. ( Essayez de construire, parce que chez Georges on construit des budgets et on élabore des routes, un budget tout en supportant l’économie!…) Avec une politique de grands travaux, un soutien ( répétition…) à l’économie de la matière grise ( kezaco? ) et à l’économie durable, la Région affiche sa priorité : solidifier l’économie (encore!) régionale pour (manque un verbe: sans doute assurer…) le dynamisme du Languedoc-Roussillon. A la relance de papier (occurence maoïste mal placée, et de mauvais goût) de l’Etat, nous répondons par une relance réelle ” Malheureusement, ce genre de charabia se lit dans toutes ces feuilles distribuées généreusement dans nos boîtes aux lettres par des élus locaux qui, heureusement pour eux, se dispensent d’y contempler la médiocrité de leur image. Quant à moi, je les envoie directement à la poubelle…

Le leurre du métissage culturel.

“Le modèle français d’intégration ne fonctionne plus, il aggrave inégalités et discriminations plus qu’il ne les combat. Et le décalage entre le métissage de la société française et l’étroite homogénéité de ses élites est plus flagrant et choquant que jamais.” Métissage! voilà un mot, généralement suivi du qualificatif culturel, abondamment cité dans la presse au nom d’un anti-racisme de bon aloi, dont nul esprit égalitariste ne saurait s’offusquer, mais qui a le redoutable inconvénient d’oublier la réalité qu’il désigne. Car si les mots ont encore un sens, il nous est demandé, aux fins d’insertion dans un moule étroit,de devenir les otages du principe de standardisation et du rabotage des aspérités culturelles. Alors même que, comme le dit si justement le poèteécrivain  Gil JouanardNul véritable citoyen du monde ne fondera jamais son cosmopolitisme sur d’autres motifs que ceux suscités par le primat viscéral et intellectuel de la diversité.” ( Le jour et l’heure. Editions Verdier. 1998.Page 31 ). J’avoue moi aussi que je recherche chez autrui ce qui m’en différencie et  que, plus ” la différence entre lui et moi est grande, plus son identité requiert mon attention.” Tournant ainsi le dos au métissage culturel, ” …j’offre mon attention passionnée aux quatuors de Haydn, aux chants des Pygmées, aux joueurs de murali du rajasthan, au peintre en bâtiment siffleur, à l’individu qui ne ressemble à personne.”

Ils sont toujours communistes…

“Le capitalisme, c’est l’impasse”.La formule est de Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du Parti Communiste Français. Elle en a fait le mot d’ordre du 34 e congrès de sa formation.Le socialisme serait-il donc la solution? Celui de Cuba ou de la Corée du Nord? De feu L’URSS ? Ou celui de la Chine communisée au plan politique et capitalisée au plan économique? Et pourquoi pas celui auquel pensent Hue et Gayssot qui , pour l’heure, ne pensent qu’à se plaindre de purges alors qu’eux mêmes ont souvent, et sans états d’âmes, purgé?
Pathétique PC qui fut de ma famille sur deux générations et demi: celle de mon grand père et de mon père. La mienne aussi durant mes années de jeunesse.
Un chemin qui permettait à des familles au combien modeste de s’intégrer à la société française au travers,paradoxalement, de sa critique sociale et politique. A son histoire, à sa culture et à ses valeurs. Pour nous, qui n’avions rien, le Parti était tout: une fraternité humaine,une maison commune et une espérance. Et si j’ai très vite appris à briser les murs de cette ” prison ” affective, intellectuelle et politique, je n’en regrette pas moins le temps ( au risque de n’être pas compris, mais peu importe… ) ou ce type d’organisation politique jouait un rôle  ” d’intrégation ” pour toutes ces familles de déracinés venus du fin fond d’un quelconque ailleurs et qui, aujourd’hui, se jettent aveuglément dans les bras de chefs de bandes communautaristes ou fondamentalistes.
De ce point de vue, l’état de désintégration idéologique et politique dans lequel se trouve la gauche française est très dangereux pour notre démocratie. Et il serait temps qu’elle se resaisisse dans une conjoncture socialement très dangereuse.Canaliser, structurer et proposer un débouché politique à ceux qui ne se reconnaissent pas dans les décisions prises par les titulaires actuels du pouvoir sont, en effet, nécessaires pour que soient garantis un certain ordre démocratique et un bon fonctionnement de nos institutions démocratiques…
Ce soir, j’irais rendre visite aux Raynaud. Ils habitent toujours le même appartement HLM. Celui dans lequel j’ai grandi était au premier étage de l’escalier voisin. Ils sont toujours communistes.Et je les aime…