28 mars, il est 8h 19 et vois ma première hirondelle…

House Martin (Delichon urbica)

 

28 mars, il est 8h 19, précisément. Sur ma terrasse ! Une tasse de café aux lèvres, je laisse mon regard aller au dessus de toits encore sombres ; et se perdre dans un ciel toujours aussi triste. L’animent des goélands au vol lourd ; ils tournoient lentement, pareils à des vautours. Plus bas, dans la rue, déserte, un homme seul, âgé, couvert d’une épaisse parka rouge, tire un léger chariot vert. Au loin, en remontant façades et faîtages, la Clape et son front bas, ondulé ; jusqu’à ce que, à la dérive sur les murs et les toits de la ville, j’aperçoive, enfin, évidents et sensibles, les espiègles battement d’ailes d’une hirondelle ; solitaire et joyeuse…

 

Petit résumé à mon usage personnel pour y voir un peu clair sur cette chloroquine et son buzz.

 

 

Depuis quelques jours, c’est l’emballement dans les médias et sur les réseaux sociaux. La chloroquine serait le remède miracle à la Covid — 19.

Un matin de confinement aux Halles de Narbonne.

Halles de Narbonne

 

J’ai croisé Carole, ce matin aux Halles. Je venais d’y entrer, elle en sortait. Masquée et gantée, elle allongeait ses pas, je retenais les miens. Ce sont ses gestes, ses cheveux et ses yeux qui m’ont permis de la reconnaître. Il m’a semblé voir ses lèvres prononcer mon prénom sous son voile de tissu vert plaqué sur le bas de son visage, aussi.

Que lis-tu en ce moment ? L’Odyssée ! Voici pourquoi…

 

   

Un ami m’a demandé ce qu’en ce moment je lisais. C’est la question des questions sur les réseaux sociaux ! Je veux dire aujourd’hui et pour des semaines encore. Confinement oblige. Bien qu’on puisse se divertir autrement. Je n’ai pas de préjugés, s’agissant de passer le temps. À chacun sa manière. À cet ami, je lui ai donc répondu : « Rien de la production éditoriale récente ! » Je voudrais que l’on me croit. Et que l’on n’y voit aucune pédanterie. C’est ainsi.

Où que nous soyons, nous ne quittons jamais notre « chambre »…

 

De Chirico. Paysage urbain.

   

Il est 15h30, cet homme seul, grand, qui marche à pas lents, le haut de son corps comme aimanté par le sol et ses bras sur son dos tenus par ses mains jointes, que j’aperçois de ma fenêtre sur ce large trottoir ensoleillé, est mon voisin.

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