Contre-Regards

par Michel SANTO

Les bienveillantes de Jonathan Littell.

Unknown

Nos journées sont un tissu serré d’habitudes. Au moment où j’attaque ma joue gauche de la lame de mon rasoir, comme tous les samedi, à la même minute où j’accomplis ce même geste, la voix d’Alain Finkielkraut ouvre son émission du samedi matin sur France Culture par la première phrase du roman évènement de Littell : « Les Bienveillantes » : « Frères humains, laisser moi vous raconter comment ça s’est passé. » 

 C’est de la parole d’un bourreau dont il s’agit tout au long de ce livre. Que je suis en train de lire. Un bourreau nazi, cultivé et raffiné. Qui obéit aux ordres. Qui tue aussi avec méthode. Avec le souci aussi d’être reconnu comme un grand professionnel de la « chose ». Et qui est pris, en conscience, dans un faisceau d’habitudes où le mal est en partage avec ses frères en barbarie.

La lecture des « Bienveillantes » secoue. Son « héros », Max Aub, est une parfaite allégorie d’une fraternité fondée sur l’abjection. Elle montre qu’au cœur de tout homme et de tout agrégat humain gît la violence. Et que la culture n’en est pas l’antidote absolu. Il suffit  d’entendre ce qui ce dit  autour de vous…

 

       
 

Le ressentiment de celui qui fut un ami!…

imagesAlain Cottet est aujourd’hui Directeur Général Adjoint, à la Région Languedoc-Roussillon. Il s’occupe plus précisément d’économie. Je l’ai connu quand, au Ministère de l’Industrie et de la Recherche, alors dirigé par J.P. Chevènement, j’y exerçais les fonctions de Chargé de Mission auprès du Délégué à la P.M.I et aux Affaires Régionales. À cette époque, de 1981 à 1984, Alain Cottet était à l’Agence Nationale pour la Création d’Entreprises.

A Lise.

Lise Barthe est morte. C’était une amie. De celles dont le souvenir restera à jamais dans nos cœurs.  Nous l’aimions pour sa gaîté et son élégance. Pour sa grâce toute naturelle et  la noblesse de ses sentiments. Elle rayonnait à Séville. Sa « querencia ». Cette ville inouïe où le tragique de l’existence est mis en scène  dans  les ocres dorées de ses arènes. Une ville de fête où la présence de la mort à l’odeur sucrée du jasmin. Nous nous y rencontrâmes quelquefois. Toujours dans l’espoir d’assister au miracle. Celui de l’éphémère beauté des trois ou quatre véroniques que voudrait bien nous offrir Curro Romero. Un temps ralenti. Etiré. Suspendu dans le cercle de la vie. Dans une forme mêlant le rouge et le noir.  Une vie plus forte que la mort. Voluptueuse. A l’image de ses jeunes danseuses de sévillanes déambulant à la tombée du jour sur les berges du Guadalquivir…Suerte !

 

 

 

 

 

 

 

Retrouvailles.

Hier, en fin de matinée, cours Mirabeau, je rencontre Bernard Pomel. Surprise et plaisir de le retrouver là…Chez moi !!! Après tant de temps passé sans se voir.Bernard! je l’ai vu arriver en 1986 à la nouvelle Région présidée par J. Blanc comme Directeur Général. J’y occupais alors les fonctions de Directeur des Interventions Régionales que m’avait confiées R.Capdeville. Et il fut de ceux qui mirent tout leur poids dans la balance, malgré une nouvelle majorité qui m’était évidemment très hostile, pour que je reste auprès de lui. C’est ainsi que je devins son plus proche, dans tous les sens du terme, collaborateur. Après lui avoir cependant précisé que, le jour où il partirait, je m’en irais aussi. Ce qui fut fait, en août 1994. Sans lui, qui mit, à deux ou trois reprises, sa démission en jeu quand J. Blanc et son proche entourage exigeaient mon « départ », je me voyais mal, en effet, pour tout un tas de raisons, rester dans une administration régionale que nous avions modelée et qui, quelques semaines avant notre départ, commençait à partir à la « Lozérienne ». Il ne fallut pas attendre longtemps pour  que tout ou presque de ce que nous avions construits soit démolit au motif qu’il fallait «  redonner le pouvoir au politique ». Le résultat est toujours dans les esprits de ceux qui constituent encore aujourd’hui l’essentiel de l’administration régionale. Et la série récente de trois articles de Midi Libre consacrée à ce qui est devenu l’affaire Prodexport, dont nous sommes venu à parler, ne nous a guère étonné.

Je garde surtout de cette période le souvenir d’une expérience professionnelle et humaine exceptionnellement enrichissante malgré un climat « politique » fort dur à l’égard de ma personne (chaque jour ou presque fut un combat).Et je prétends, quoique on en dise sur la scène politicienne, que nous avons fait, quand même, et sans compromission,de bonnes choses pour cette région… Depuis ce mois d’août 1994,inutile d’insister sur le fait que nous sommes devenus amis…

 

 

 

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