Cette tribune de Baptiste Rossi, publiée dans le Monde (La Matinale du 14 décembre 2015: édition abonné), m’a réjoui. Je la reproduis ici, en intégralité.
Au Canada, un jeune premier ministre, certes héritier mais novice absolu, vient de se faire élire. Il est quadragénaire, moderne, et suscite un grand espoir. En Espagne, deux partis sortis du néant proposent des alternatives totales et démocratiques, ne comptent dans leurs rangs nul professionnel de la politique, parlent au peuple d’une voix forte et avec des mots justes. Ils suscitent un grand espoir. En Italie, les électeurs ont un jeune premier ministre, certes roublard et un peu confus mais inconnu voilà cinq ans. Il a envoyé à la casse tous les dinosaures de l’ancien monde, parle au peuple d’une voix forte et avec des mots justes. Il propose une alternative démocratique et enthousiasmante et suscite un grand espoir. Dans ces pays, les partis populistes et extrémistes sont insignifiants, inexistants, tenus en laisse.
Le peintre Piet Moget est décédé hier soir. C’était un très grand artiste à la renommée internationale. Il avait choisi de s’installer dans la région en 1952, à Port la Nouvelle, au mas de la Grange Basse où il vivait dans des conditions très précaires, sans eau ni électricité. A partir de 1956 environ, Piet Moget prend l’habitude d’aller peindre sur le quai de ce même port avec une petite camionnette. Et en 1991, il fonde le Lieu d’Art Contemporain (L.A.C) un cadre extrêmement dépouillé, à l’accrochage et à l’éclairage très sobres, où chaque année, au printemps et en été, parfois en automne, il y présente plusieurs expositions autour de jeunes créateurs.
Il y avait foule hier soir dans le centre ville de Narbonne. Et du bruit aussi! Le mécanique, et de ferraille, des manèges, auquel se mêlait celui d’une fanfare ambulante sur un fond de paroles et de cris indistincts. Une houle sonore envahissant places et rues devenues soudain trop étroites pour en contenir le flux. L’idée folle m’est pourtant venue que nous étions en « état de guerre et d’urgence », que « la guerre civile » risquait d’advenir, selon les propres mots de Manuel Valls, qu’il y a un mois, jour pour jour, au moment où j’écris ces lignes, mourraient sous les balles de fanatiques 130 innocentes personnes, que la planète était en survie, que la COP21 se terminait par un « accord historique » et que ce soir de ce dimanche nous saurions si le « fascisme » était passé ou pas en NPCP ou PACA. Je me disais donc cela après que j’eus constaté moi même que tout me portait à cependant l’oublier. Et puis, cheminant par les boulevards extérieurs pour rejoindre la place du Forum, la surprise et la joie de me retrouver au milieu d’étals d’artistes de la galerie collectiveBlend’Art.
De mon ami blogueur « Le lorgnon mélancolique », un extrait d’une de ses chroniques:
…. Dans Monplaisir …en littérature, relu récemment, j’avais oublié un texte étrange de Paul Morand qui se donne comme une réflexion sur le silence en littérature et qui devait sans doute servir de prologue à Tais-toi. Texte magnifique, toujours actuel (il suffit de remplacer « dictaphone » par « smartphone »…) …
Hier, je n’étais pas devant mon téléviseur, ma tablette ou mon smartphone à regarder en direct la cérémonie d’hommage rendue par la Nation, dans la cour d’honneur des Invalides, aux 130 victimes des attentats du 13 novembre, à Paris. Je ne me suis pas attardé, non plus, sur les longues séquences de sa retransmission aux 20 heures des grandes chaînes de télévision. J’ai passé outre aussi sur les commentaires de la petite confrérie des grands éditorialistes parisiens de radio et de télévision. Et, pour aggraver mon cas, je n’ai pas suspendu un drapeau tricolore à ma fenêtre.
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