Ce titre d’un long entretien donné à Télérama par André Comte-Sponville : “Dans la musique de Bach, on entend l’absolu”. Entendre l’absolu ! Que de grandiloquence dans l’expression ; quel manque de naturel et de sincérité.
« On pourrait dire : accepter le travail, l’effort. Préférer le proche, où le mal est inséparable du bien, aux lointains où règne une clarté pure, mais peut-être fausse ou morte. Préférer aux hommes qui ne jurent que par la perfection d’un Absolu et qui sont souvent dangereux, les spectiques actifs, les endurants, les obstinés. On se retrouverait alors parmi les autres […] J’envie, j’admire l’écrivain qui sait dire des jours quelconques, agrandis secrètement par un espace tout de même inconnu qui est pareil à l’intérieur des instruments de musique ; parce que cet écrivain me paraît plus proche d’une « vérité » entrevue, pressentie. Mais je suis incapable de cela… »
Philippe Jaccottet. À travers un verger. Fata Morgana (1975) : pages 42 et 43
Ce soir j’ai perdu un ami. Gil Jouanard était de ces êtres qu’on ne peut oublier. D’une belle et fine intelligence, il aimait la vie, les livres et tous ceux qui les font. Je l’ai connu à la Région Languedoc-Roussillon. Il dirigeait alors le Centre Régional des Lettres. Je le retrouvais souvent dans son bureau. J’ai pioché dans ses étagères tant et tant d’ouvrages. Gil était généreux, en tous domaines. Chaque jour ne nous offrait-il pas ici même des textes puisés dans l’or de sa mémoire : des morceaux de vie serties dans une élégante prose ; des lectures précises et goûteuses d’auteurs aussi qui sous sa plume devenaient des amis. Gil était un promeneur ; il avait le « coût des choses ». Il écrivait « à sauts et à gambades ». Il aimait Calet, Godeau, Follain, Fargues, Reverdy… Gil, mon ami, les mots ce soir me manquent. Restent les tiens, là, précieusement rangés aux premiers rayons de ma bibliothèque. Je sais t’y retrouver…
On trouvera une brève biographie de Gil, ainsi que sa bibliographie, en cliquant sur ce lien.
Le matin, quand le vent s’est éteint dans la nuit et qu’un ciel uniment bleu couvre la ville au midi, j’aime m’asseoir sur un banc de la promenade des Barques. Je choisis toujours celui qui m’offre la vue la plus large possible sur le quartier de Bourg – celui de mon enfance. Il se prête idéalement à de paresseuses pensées ; j’y suis aussi aux premières loges pour regarder les passants et observer toute la variété humaine que présente une petite ville de province comme la mienne.
. Hier soir, dans la splendide cour du Palais des Archevêques de Narbonne, vernissage de « Rêves de Japon ». Beaucoup de monde. Les habitués de ces rendez-vous. Des bises, des sourires, quelques […]
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Un homme fête ses 86 ans. Le dessert arrive dans une pluie d’étincelles. Sa femme regarde ailleurs. Puis une longue robe rouge traverse la terrasse. Pendant quelques secondes, le cœur se trompe. […]
𝐍𝐢 𝐞𝐱𝐜𝐮𝐬𝐞 𝐧𝐢 𝐯𝐞𝐧𝐠𝐞𝐚𝐧𝐜𝐞. L’assassinat du jeune Louis à Narbonne me trouble d’autant plus qu’il est survenu dans ma ville. Et que les faits reprochés aux personnes mises en cause sont […]
Près du bord,une eau mêlée de sable. Puis des verts. Au loin,un bleu franc. Et enfin cette frontière d’air et d’eau. Une simple lignepour partager le monde. Photo : Plage des Ayguades. Gruissan. […]