Contre-Regards

par Michel SANTO

A Lise et Henri Barthe.

     

Lise Barthe nous a quitté en 2006. Henri, dimanche, est parti la rejoindre. C’étaient des amis. De ceux dont le souvenir restera à jamais dans nos cœurs. Nous les aimions pour leur gaité, leur élégance. Elle et lui rayonnaient à Séville, cette ville inouïe où le tragique de l’existence est mis en scène  dans  les ocres dorées de ses arènes. Une ville de fête où la présence de la mort a l’odeur sucrée du jasmin. Nous nous y rencontrâmes quelquefois. Toujours dans l’espoir d’assister au miracle. Celui de l’éphémère beauté des trois ou quatre véroniques que voudrait bien nous offrir Curro Romero. Un temps ralenti, étiré, suspendu dans le cercle de la vie. Dans une forme mêlant le rouge et le noir. Une vie plus forte que la mort. Voluptueuse. A l’image de ses jeunes danseuses de sévillanes déambulant à la tombée du jour sur les berges du Guadalquivir… Suerte Henri !

 

La hyène ricaneuse.

 

 

Article très intéressant de  » Slate «  sur la Hyène ricaneuse. A le lire au second degré on en tire un réel plaisir de lecture. Ainsi ce paragraphe où, je ne sais pourquoi, j’ai immédiatement pensé à un de nos amuseurs-sniper qui, tous les matins , sur une radio du service public, tire à vue et vulgairement sur tout ce qui se présente dans son champ de vision. A la condition toutefois que ses cibles soient dans le camp des méchants opposés à la bienpensance morale auto-proclamée. Un exercice très gratifiant au plan symbolique, sans danger et grassement payé :  » … en termes d’image publique, la hyène est avant tout handicapée par son rire. Gloussement innocent pour l’oreille objective, elle sonne pour beaucoup d’hommes comme un ricanement démoniaque qui annonce quelque plan machiavélique. En réalité, la hyène émet ce son caractéristique quand elle n’arrive pas à obtenir ce qu’elle veut; c’est l’expression d’une excitation mêlée à de la frustration. Les variations dans la hauteur du rire sont par ailleurs révélatrices de l’âge et du statut social. La hyène possède en effet un répertoire vocal parmi les plus riches de tous les mammifères terrestres, primates compris. Le rire n’est que l’une de ses nombreuses vocalises, à côté par exemple du cri enjoué qui signifie «je suis là», et de la kyrielle émouvante de murmures et de grognements échangés entre la mère et ses petits. « 

L’art de ramper.

 

 

 

 

C’est Nadine qui m’a remis en mémoire ce texte du baron d’Holbach: L’Art de ramper à l’usage des courtisans.  (Disponible en téléchargement sur Gallica). Un petit bijou de sociologie politique qui n’a pas pris une ride. Et quel style! Une vingtaine de pages qui éclairent notre « comédie du pouvoir ». Qu’elle se joue à Paris, Montpellier où Cucugnan. A l’Elysée ou dans un Hôtel de Région.Dans une entreprise ou une ONG… Lisez ce  petit extrait. Pas mal, non? 

 

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La leçon de Camus.

Le 4 janvier 1960, Albert Camus se tuait dans un accident d’automobile. Il y eut des éloges sincères. Et d’autres qui ne l’étaient pas, prononcés par ceux qui, de son vivant, ne « voulant pas désespérer Billancourt » au nom de la défense du « socialisme réel », l’avait traîné dans la boue. Ceux là même qui préférèrent avoir eu tort avec Sartre et qui occupent toujours les esprits d’une « petite bourgeoisie intellectuelle » toujours prête à cautionner, au nom d’un anti-américanisme pathologique, les diverses formes de terrorisme et de fanatisme pourvues qu’elles se présentent sous les traits d’un peuple idéalisé ou d’une classe dominée.

Camus avait pourtant averti que le bacille de la peste veillait et veillerait jusqu’à la fin du monde; et qu’il était tapi au plus profond de nos consciences, fussent-elles éclairées par la recherche du bonheur ici-bas.

Cette leçon, je l’ai comprise un peu tard. L’attrait et le charme d’une posture romantique sans risque, théorisée  par les détracteurs de Camus, étaient à l’époque trop puissants pour des jeunes gens avides de changer le monde.

Depuis, il est mon compagnon de route… 

À ceux qu’on appelle les nouvellistes… il ne leur manque que le bon sens…

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Lettre d’après dimanche: la 130 de Montesquieu

« Je te parlerai dans cette lettre d’une certaine nation qu’on appelle les nouvellistes, qui s’assemble dans un jardin magnifique, où leur oisiveté est toujours occupée. Ils sont très inutiles à l’Etat, et leurs discours de cinquante ans n’ont pas un effet différent de celui qu’aurait pu produire un silence aussi long. Cependant ils se croient considérables, parce qu’ils s’entretiennent de projets magnifiques et traitent de grands intérêts.

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