Contre-Regards

par Michel SANTO

La bourse chute! et alors…

Toutes les bourses chutent, et alors! Le problème n’est pas là, et ce pour une raison simple: toutes les entreprises, toutes, voient leur valeur fondre et sont donc, toutes, potentiellement achetables. Et l’étant toutes aucune ne le peut, acheter. Par contre, il est bien vrai que les vendeurs d’actions qui se précipitent sur des obligations d’Etat à trois mois perdent du capital. Et alors! cette perte d’aujourd’hui est un gain dans le futur pour les nouveaux acheteurs. Toute cette masse de valeur n’est pas partie en fumée, en effet, comme se plaît à le raconter une presse paresseuse et ignare. Il s’agit tout simplement d’ un transfert de valeur entre vendeur et acheteur. Ce qui, entre parenthèses, permet à ces nouveaux entrants en général jeunes, d’accèder  à des  » biens  » jusqu’alors réservés aux  » vieux « . Non, ce qui pose surtout problème une fois la garantie des dépôts et l’absence de faillite bancaire assurées, c’est le gel des cédits interbancaires au jour le jour et l’assèchement consécutif des ménages et des entreprises pour financer leurs trésoreries et/ou leurs investissements. Les banques qui ont du casch ne prêtent plus à celles qui ont les caisses vides et les prix des produits dérivés de crédit offrant une « assurance » contre le non-remboursement d’un crédit ( de l’ordre de la dizaine de milliers de milliards) s’envolent, traduisant ainsi, tout simplement, la probabilité perçue de non-remboursement des dettes des entreprises bancaires. En conclusion, tant que les Etats ne garantiront pas, après les dépôts des particuliers et l’absence des faillites bancaires ( par le rachats d’actifs pourris et des nationalisations partielles ou totales ) ces prêts interbancaires, on ne sortira pas de la crise. La totale quoi! Un rêve de militant socialiste réalisé par des gouvernements libéraux…

Crise de liquidités ou de solvabilité?

Ce matin, massages,étirements et ultra sons. Toujours ma tendinite de l’épaule droite.L’occasion  de discuter aussi avec mon docteur, un spécialiste de la médecine du sport. Non de mon handicap,que nous savons passager, mais de la crise financière, que nous trouvons un peu longue. Et à chaque scéance, trois par semaine,de constater qu’il confond liquidités et solvabilité, prise de participations des états et financement par l’impôt, baisse du CAC 40 et vidage des comptes courants et des placements bancaires des particuliers… Je lui ai donc promis, après un petit cours de, disons rectification, de lui transmettre un tout petit texte de mise au point. Le voici, disponible chez Telos sous le titre  » Crise de liquidités ou de solvabilité? « . Son auteur: Cédric Trille. Bonne lecture Olivier!…

Le refoulé du Crédit Lyonnais.

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Il  serait quand même temps de rappeler un certain nombre de vérités à tous ces professionnels de la bonne conscience sociale et politique satisfaite de ses bonnes intentions et oublieuse de ses turpitudes. Ainsi à propos du Resolution Loans Trust (RTC), qui va reprendre les crédits douteux des établissements financiers aux Etats-Unis, ne manque-t-on pas d’ironiser à gauche en rappelant ( ils feraient mieux de se taire ) que Busch agit comme Mitterand l’avait fait en créant un Consortium de Réalisation (CDR) pour éviter la faillite du Crédit Lyonnais. Et de préciser– sans réfléchir – « c’est la nationalisation des pertes après la privatisation des profits ! » Comme si les pertes d’ une banque nationalisée française devaient être payées par quelqu’un d’autre que le contribuable! Avec cependant une différence notable  » …Fannie Mae et Freddy Mac ont été renationalisés par un Etat libéral APRES une crise systémique, alors que le CDR a été établi par un Etat socialiste pour défaire les investissements hasardeux propres d’un Crédit Lyonnais déjà nationalisé. Il était piloté par un membre de la Noblesse d’Etat lui aussi socialiste… Des deux côtés, pas plus de contrôle ! Caste d’Etat ou caste libérale, même résutats.  »  ( Cf le blog Fugue et Fouge, lire aussi le reste de l’article,épatant!… ) Sauf que, pour contrer la libérale on peut recourir à L’Etat alors que pour la première, nichée au coeur même de l’Etat central, entre caste et copinage elle déconsidère l’Etat et la politique . Cela dit, les dirigeants du Crédit Lyonnais de l’époque ont écopé d’une amende de 53 000 euros !!!, le directeur du Trésor dirige la BCE et les ministres des Finances font toujours carrière. Une conception très française de la morale dans  les affaires dès lors qu’elles sont entre les mains d’une côterie dont les bonnes intentions sociales l’absolvent de tout crime ou délit. Aux Etats-Unis, aujourd’hui, le FBI enquête…

Démocrate et républicain à la fois…

Un article paru dans le Monde qui sort du brouhaha quotidien sur la crise financière américaine. Extraits:

 » L ‘Amérique croit fondamentalement à son capitalisme.Les citoyens américains pensent cependant que celui-ci a désormais besoin de plus de régulation et que l’absence de contrôle des institutions financières a mené à la crise. 62% partagent cet avis selon un sondage du Los Angeles Times. Les citoyens soutiennent le plan du gouvernement pour sauver Wall Street et les institutions financières aux deux tiers environ, soit au-delà des frontières partisanes (enquêtes du Pew Research Center ou de CNN) « 

 » Structurellement » comme disent les sondeurs américains, l’opinion penche en faveur des idées démocrates, dans le sens où la crise actuelle renforce l’idée du besoin de régulation. Mais « pratiquement », les citoyens américains refusent de payer ce plan avec leurs impôts, toutes tendances confondues. En ce sens ils restent attachés au « tax-cut » versant républicain »

« 
Il n’est pas sûr que le discours dramatique sur l’économie soit une bonne chose outre-Atlantique. C’est une posture tactique. Mais cela ne correspond pas à l’état d’esprit profond des habitants. Les Américains restent des optimistes invétérés lorsqu’il s’agit de la confiance en leur pays. Ils le montrent aujourd’hui dans le domaine de l’économie« 

A l’exception de la première et deux dernières phrases, il aurait pu être écrit sur la France.

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