« Franchement, Michel ! à quoi bon tout ça ! », me disait aussi une petite voix…

   

Recommandant la lecture quotidienne d’une ou deux « pensées » de La Rochefoucauld ou de La Bruyère pour exercer sa lucidité et ne point être dupe de certaines postures sociales,  je citais ce dernier : « nous faisons par vanité ou bienséance les mêmes choses que nous ferions par inclination ou par devoir ». Un penchant auquel nul n’échappe, en effet : le rédacteur de ce billet, le premier !

Qui pense encore à nos 13 soldats morts il y a quatre jours à peine ?

   

© 2019 Twitter Florence Parly

   

Qui pense encore à nos 13 soldats morts il y a quatre jours à peine dans une opération de combat menée contre nos ennemis djihadistes ; qui pense encore à leurs familles, à leur douleur, à leurs frères de combat dans la peine ?

Dans le miroir de nos vanités…

   

Chaque matin, avant d’écouter ou de lire les nouvelles du jour — qui en réalité sont de la nuit — chacun d’entre nous devrait lire une « pensée » prise au hasard d’un nos grands « moralistes » : La Rochefoucauld ou La Bruyère, par exemple. Ils ont cette vertu en effet de n’en laisser aucune  — vertu — exempte de sa part, plus ou  moins grande, d’hypocrisie.

Dimanche : Quelques notes prises à la volée, et en passant…

   

Novembre !

Dimanche 17. Je déteste cette expression : « A ne manquer sous aucun prétexte ». Elle clot toujours une invite à voir une expo, un film ; lire un livre, goûter un vin ; que sais-je encore. Je la déteste d’abord par ce qu’elle montre de son auteur : sa vanité, l’exceptionnalité de ses goûts… ; mais la déteste surtout pour l’offense faite à toutes mes bonnes — ou mauvaises, selon — raisons de ne point la suivre. Fussent-elles des plus triviales…

Une amie Facebook note sur sa page : « Quatre députés de la FI portent plainte contre Alain Finkielkraut suite à ses propos sur la « culture du viol ». S. Ndiaye salue cette initiative même si elle admet que l’essayiste usait du second degré. L’ironie est reconnue comme un délit. Enfin ! »

Samedi 16. Dans les années 70, il était interdit d’interdire. Jouir sans entraves, aussi, était fièrement revendiqué contre un ordre moral castrateur. Aujourd’hui, la même extrême gauche intellectuelle et politique, surveille, censure et punit. L’ordre moral a changé de camp : il est progressiste !

Vendredi 15. Une nommée Clémentine Vagne a lancé hier une pétition pour demander le retrait d’Alain Finkielkraut de France Culture. Il est 20h45, et 6229 personnes l’ont déjà signée. Au pays de Voltaire et de Simone Weil, ces militantes n’ont qu’une obsession : interdire, bâillonner, faire taire, censurer ! Effrayant !

Jeudi 14. La nouvelle présidente de l’UNEF, madame Luce, brille ! Que dis-je rayonne ! Comme quoi, le niveau de crétinisme orthographique et grammatical permet l’accès aux plus hautes responsabilités syndicales dans le monde étudiant, d’abord, et politique, souvent, ensuite — enfin ! dans l’ancien monde… Le style est l’homme (la femme) même.

Mardi 12. Ce titre du « journal de référence » du soir (je ne le nomme pas ?): « La manifestation de dimanche a dénoncé les actes antimusulmans, après avoir divisé la gauche et suscité les critiques du Rassemblement national. » Et vous voilà, si vous l’avez crtiquée, avec une étiquette du RN collée dans le dos. Dégueulasse !

Lundi  4. J’écris comme je marche. Les premiers mots donnent le rythme ; la première phrase le sens de la marche. Parfois je perds ma route le jour et la retrouve souvent la nuit… Lire c’est comme voler du temps au temps ; ouvrir les portes de l’imaginaire et du savoir ; entrer dans le ciel des idées, en contempler les étoiles, y décrocher celles qui m’attirent…

L’ogre médiatique a besoin de sa dose quotidienne de « scandales » moraux, intellectuels ou politiques…

         

L’ogre médiatique a besoin de sa dose quotidienne de « scandales » moraux, intellectuels ou politiques — au mieux les trois à la fois — pour persévérer dans son être, entretenir son armée de servants et servir son « public ». L’information, quand elle ne prêche pas la haine ou la pitié, ne peut en effet le satisfaire. Il en est le seul juge. À défaut d’en trouver, chaque matin il en fabrique ; qu’il offre ainsi à l’appétit de serviles et médiocres suiveurs. Ainsi voit-on des cohortes d’analphabètes juger, à son image, du bien et du mal ; lui servir la même soupe et s’ériger en « conscience morale » du temps. Dans ce monde en noir et blanc composé de tyrans et de victimes, de dominants et de dominés, de salauds et de saints…, le doute, la nuance, l’intelligence, le respect n’ont pas leur place. L’obscénité et la plainte y règnent ; et les mots sont de plomb,  et la pensée de pierre.

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