Contre-Regards

par Michel SANTO

A Marseille, on exécute encore la peine de mort !

 

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Alain Bauer le dit à sa manière: abrupte  » Dans de très nombreux dossiers , on constate la présence d’ auteurs interpellés à de nombreuses reprises ( une dizaine en général, plus d’une centaine pour les stakhanovistes de l’infraction ) dont le système judiciaire ne sait que faire et qu’il traite ( ou ne traite pas ) par l’absence de décision ou de mesures adaptées malgré les efforts d’un grand nombre d’acteurs judiciaires. Il arrive certes qu’on soit condamné mais la loi pénitentiaire rappelle qu’à moins de deux ans de prisons, on est rarement sous le coup d’un mandat de dépôt. Et un grand nombre de peines sont prononcées avec un sursis partiel ou total. La lisibilité de la sanction est donc structurellement inexistante… » Et notre expert, qui écrit net en lieu et place de Valls qui n’en pense sans doute pas moins,de conclure que face au fossé qui s’est creusé entre les élus qui votent des lois  et les magistrats qui les interprètent, le monde criminel et sa partie la plus déterminée a trouvé une solution: le retour de la peine de mort, mais privée. Marseille en est l’emblématique champ d’application. Tous les jours on exécute !

Michel Serres et la politique en 2025 ?!

 

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Le philosophe Michel Serres a été reçu mardi dernier par le Premier ministre pour parler de la France de 2025. 2025! Au siècle de Google, du mariage pour tous et des robots domestiques autant dire dans un autre espace temps. Je dois avouer que je n’ai pas très envie d’y penser.

Mélenchon décontamine à coups de botte…

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He bien, nous y voilà ! C’est la rentrée politique et le ton est donné par Mélenchon dans le JDD. Hollande serait le plus grand pourvoyeur de voix du FN ( il y a quelques semaines c’était Barroso et Bruxelles, mais il est vrai que pour lui c’est du pareil au même ) et Valls serait contaminé par Marine le Pen: un social fasciste infiltré en quelque sorte. Contaminé! Et pourquoi pas l’interner, tant qu’il y est, notre commissaire du vrai peuple de gauche. Comme du temps de Brejnev , dans un hôpital psychiatrique. Ou le rééduquer à la façon Kmer rouge, comme du temps de  Pol Pot… Voilà ce qu’il en coûte dans ce pays à qui ose parler net sur ces questions de sécurité. Feu, sur l’empêcheur de penser en rond! On l’habille de noir; un coup de botte, du gauche, et hop! dans la fosse. Je vois d’ici le sourire de madame Taubira… Frère terrible assure le nettoyage du terrain, elle ramasse les restes… Les deux faces d’une gauche morale qui fait de l’excuse et de l’indulgence, psychologique et sociale, le coeur de sa politique pénale. A ceux qui ne la partagent pas et n’osent le dire, restent la mauvaise conscience ou la névrose. Pas pour moi ! Et pas question de me faire soigner par ces deux là. Il faut donc sauver le brave soldat Valls… 

Un indigeste et couteux mille-feuille administratif…

 

 

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Mercredi soir, autour d’amis communs, et d’une bonne table, je retrouve le maire d’une commune du Grand Narbonne. Il fut de ceux qui comptèrent lors de la création de la Communauté d’Agglomération de la Narbonnaise. Jamais il ne campat sur des positions idéologiques et politiques, toujours l’intérêt général fut son credo. C’était le temps où il fallait tout inventer, sans autre repère que des lois aux contours flous et des élus et des équipes administratives peu au fait, ou réticentes face à des changements pourtant nécessaires . Un moment passionnant, comme celui que je vécus lors de la création de la région Languedoc Roussillon, en 1986 … Mais foin de nostalgie, c’est de l’avenir dont il fut question entre nous. N’ayant pu tout dire, l’autre soir, je poursuis donc à distance ma réflexion .

 

Commençons d’abord par briser cette idée à la mode d’un renouveau des campagnes. Aujourd’hui, avec la télévision, Internet, l’explosion de la mobilité, tous les Français partagent les valeurs de la ville . Les ruraux sont des urbains qui vivent à la campagne : des  » rurbains « . C’est cela qui importe. De la même manière qu’on ne vit pas de semblable façon dans le coeur de Paris ou de Narbonne qu’ à leur périphérie : le rapport à l’autre est en effet plus socialisé alors que dans le péri urbain beaucoup d’éléments sont privatisés: on est propriétaire de sa maison etc…, il n’empêche que le style de vie et les valeurs de la villes structurent tous les espaces.

 

Malheureusement, notre carte administrative ne correspond pas à cette nouvelle géographie sociétale et humaine : les trois quarts des Français vivent dans 13 % des communes et les deux tiers des localités n’abritent que 10 % de la population. Elle repose encore, politiquement, sur nos 36 000 communes dont les contours datent d’avant la Révolution,  alors que les intercommunalités qui ont en charge l’économie, les transports…, qui prennent des décisions fondamentales et qui lèvent de plus en plus d’impôts, ne sont pas désignées directement à l’échelle du territoire concerné! Ce fut l’erreur de Mitterrand, départementaliste conséquent, que d’avoir maintenu en l’état et d’avoir renforcer les communes et les départements, institutions dépassées, au détriment de villes et des régions. Le calcul politique n’était  pas absent:  plus facile, en effet, d’imposer son autorité à 36 000 « petits » maires qu’à dix métropoles puissantes!  

 

Il est donc grand temps de changer notre organisation politique. En commençant par retirer aux couches inutiles du mille-feuille administratif leur pouvoir de nuisance. En élargissant ensuite les espaces de gestion des intercommunalités : métropoles et grandes régions. En transférant enfin la totalité de la compétence urbanisme des communes à des intercommunalités souvent trop petites … Pour ce faire, un seul obstacle à contourner ou à briser : le Sénat, dont les membres sont élus à 95 % par les maires et leurs adjoints…Aujourd’hui tenu par la majorité présidentielle, sera-t-il capable d’aller à l’encontre de ses propres intérêts corporatistes ? Osera-t-on le faire plier ? Ce qui est sur, en tout cas, c’est que les mois qui viennent ne sont assurément pas  propices à un tel débat. Dommageable et couteuse inertie politique …

La justice pénale prisonnière de l’idéologie !

 

 

 

 

 

 

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Au triangle protection-sanction-réinsertion, dans l’ordre, la gauche a toujours posé en principe  » culturel  » celui de la réinsertion d’abord, la sanction ensuite , et la protection enfin . A la droite, la répression : autrement dit le Mal; à elle , la prévention: c’est à dire le Bien. L’homme est naturellement bon et perfectible, c’est la Société qu’il faut changer, pour le parti de la Vertu, et l’homme ,n’est qu’un loup pour l’homme, qu’il faut domestiquer, pour le parti de l’Ordre… Bref, dans ce domaine, l’idéologie règne de façon absolue dans les deux camps. Et chaque alternance est l’occasion de défaire ce que l’un ou l’autre aura instauré. La demande des citoyens est pourtant claire. Que veulent-ils, en effet ? Un Etat qui les protège des incivilités et agressions de toute sorte, qui ne ferme pas les yeux sur la petite délinquance qui pourrit leur quotidien et qui ne lâche pas dans la nature des multirécidivistes professionnels. Ils savent aussi d’expérience  que la prison n’est pas la solution, qu’elle s’impose pour les plus dangereux d’entre eux, que la réinsertion est préférable à une condamnation morale à vie et qu’on ne peut pas traiter tous les délinquants de la même façon. Exaspérés, ils se demandent ce qu’attendent ceux qui les gouvernent pour les entendre et enfin sortir  de leurs postures idéologiques et politiciennes.La polémique Valls Taubira montre que ce débat traverse désormais la gauche, et que la vérité, en la circonstance, est du côté du bon sens…

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