Moments de vie : N’oubliez pas !

J’aime ce nom. Rue du Bois Roland. Il sonne juste.
Je la prends souvent. Pour marcher. Pour respirer.
Des maisons basses. Des murs pâles. Des jardins serrés contre la rue.
Devant l’une, les belles de nuit débordent.

J’aime ce nom. Rue du Bois Roland. Il sonne juste.
Je la prends souvent. Pour marcher. Pour respirer.
Des maisons basses. Des murs pâles. Des jardins serrés contre la rue.
Devant l’une, les belles de nuit débordent.

Je porte les deux prénoms de mon grand-père maternel : Michel, Joseph. Je l’aimais beaucoup. Il est mort trop tôt. J’avais neuf ans. Longtemps, je n’ai rien su de son arrestation, en 1944, ni de sa déportation à Buchenwald.

Je consulte mon fil d’actualité. Et les flash d’infos des grands médias. Curieusement, silence. Ou presque. Israël et le Hamas acceptent le plan de paix américain. Et soudain, plus rien. Les réseaux se taisent. Les grandes voix s’effacent. On dirait que la paix gêne.

Emmanuel Macron est devenu le bouc émissaire idéal. Facile. Pratique. Il suffit de le montrer du doigt pour absoudre tout le monde : citoyens, partis, syndicats, éditorialistes. Un exutoire commode à une irresponsabilité collective qu’on ne veut pas voir.

La France n’est plus gouvernée. Elle est ridiculisée. Un Premier ministre qui démissionne quelques heures après avoir présenté son gouvernement : on n’avait jamais vu ça. Même les républiques bananières feraient mieux.

Selon une enquête Odoxa-Backbone*, 53 % des Français ne veulent plus faire barrage au RN. 58 % veulent faire barrage à LFI.

Le Cours Mirabeau a ses matins de tumulte. Ça crie, ça s’agite, ça s’interpelle. Trois marchands de fruits et légumes, postés comme des coqs sur leur tréteau, rivalisent à coups de décibels. « Pas chers, pas chers ! »… « Deux euros la tomate ! » Leurs voix traversent l'esplanade, saturent le quartier, s’engouffrent jusque sur la terrasse du bistrot où je noie mon regard dans un café noir.

Condamner un ancien président de la République à de la prison ferme c’est historique. On aurait pu s’attendre à un verdict imparable fondé sur des preuves évidentes et une démonstration irréfutable de sa culpabilité.

Jeudi 25 Septembre.
Madame H va mieux. Il y a quelques jours encore, on la relevait du carrelage froid, on l’aidait à retrouver son souffle, on mesurait sa fièvre. Aujourd’hui, elle est assise à sa table, un bouquet…

Les jours raccourcissent. Les feuilles tombent. La lumière aussi.

Trois jours après ce 18 septembre censé paralyser et bloquer le pays ; et le chahut médiatique et politique qui l’a précédé, rien, finalement, n’a vraiment changé. Les trains roulent. Les voitures aussi. L’eau sort toujours des robinets.

Et au milieu coule une rivière. » Hier soir sur Arte. Une voix off, grave, douce, mélancolique. Celle du fils aîné. Elle rythme le récit comme l’eau qui passe. L’histoire est simple. Deux frères. Un père pasteur. Le Montana des années vingt. La pêche à la mouche. Et derrière tout cela, la vie qui file.