Avec l’âge, je m’absente souvent du tumulte.

Avec l’âge, je m’absente souvent du tumulte. Celui des ondes, des médias. Je m’absente comme on ferme un livre qu’on n’a plus envie de lire.

Avec l’âge, je m’absente souvent du tumulte. Celui des ondes, des médias. Je m’absente comme on ferme un livre qu’on n’a plus envie de lire.

Un avocat lâche tout. Sa femme, sa famille, son confort, sa société bourgeoise et riche. Il veut vivre ailleurs. Plus simple, plus vrai. Dans un quartier pauvre de Paris. Il se trompe. La vérité n’est pas dans les faubourgs. Elle n’est pas dans la bourgeoisie non plus. Elle est nulle part.

Je l’ai sorti de ma pile. Celle de ma cabane. Il m’attendait, massif. Comme les amours de Javier Marías. 373 pages. Roman publié en 2011, traduit en français deux ans plus tard. Je l’ai ouvert comme on avance dans une pièce obscure, tâtonnant, cherchant la voix. Et la voix, c’est María.

Ils se sont croisés à Paris, capitale du feu et des avant-gardes. Ils se sont aimés, admirés, combattus. Parfois frères, parfois rivaux.
Serge Griggio n’embellit pas, il révèle. Ses totems, dressés près de l’ancien lavoir, redonnent vie à un lieu qu’on croyait perdu.

4h45 du matin. Devant ma cabane. Rien ne bouge. Le vent est tombé. Le monde dort.La tasse est chaude dans ma main. Je crois être immobile. Comme les étoiles. Mais c’est faux.

On croit que l’intelligence protège de la bêtise. C’est faux. Elle la décuple. Elle la fait briller. Elle lui donne des allures de vérité.

Il était dans un coin de ma cabane. Parmi d’autres livres attendant d’être lus. L’inondation est un très court roman, moins de soixante pages, de Evgueni Zamiatine. Son dernier texte publié – en 1929 – avant l’exil.

Ah, l’acétamipride… Cette molécule a au moins un mérite : elle fait pousser les indignations comme du chiendent. Dernière récolte en date : le Conseil constitutionnel serait sorti de son rôle, se prenant pour une académie des sciences, et confisquant la voix du peuple. Excusez du peu : ce n’est plus le gouvernement des juges, mais leur impérialisme !

Je me méfie toujours des livres fraîchement parus, ces œuvres que la rumeur critique, souvent complaisante, encense ou démolit sans recul. Trop de bruit, trop d’échos parasites. J’attends que le temps fasse son œuvre, qu’il trie, qu’il efface ou qu’il consacre.

Et comme à chaque catastrophe de cette ampleur, surgissent, sur les plateaux, les réseaux et les tribunes, les experts autoproclamés du « il n’y a qu’à… », sûrs de leurs certitudes, prompts à transformer la complexité en slogans.

Le feu au loin.
De ma terrasse, en plein cœur de ville, l’image d’un bombardement.
Pas un bruit, pas d’explosion. Juste un ciel zébré d’étranges nuées. Un immense amas de fumée noire, qui monte lentement. Comme un monstre.