Digressions autour de la  » chute  » de Manuel Valls .

 

 

 

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Quand Valls plonge dans les sondages, Najat-Belkacem le détrône et devient auprès des français la ministre la plus populaire du gouvernement . Il recule fortement au centre, et à droite, mais également à gauche ( -5% ). Que faut-il en penser ? Rien, au motif que les sondages n’auraient aucune valeur, ou pas grand chose ? Je ne le pense pas et crois plutôt qu’il paye le fait d’avoir surjouer , n’est pas Clemenceau qui veut ( son modèle en politique ) la menace « fasciste » et le retour des ligues anti républicaine, lors des dernières manifestations, notamment celles animées, en dehors des partis politiques  par une droite traditionnelle et conservatrice sur le plan de la morale et des moeurs . Comme si la France se retrouvait dans la même situation qu’en 30 ou en 36 !  Une ligne qu’il a voulu croire partagée par les dirigeants de son parti et qui l’a fait tombé dans le piège tendu par ses propres amis auprès desquels « l’offre politique » qu’il veut représenter est pourtant, il le sait, minoritaire. Une «  offre » politique, à la fois plus libérale économiquement et plus républicaine du point de vue des « valeurs » ; une offre moins étatiste sur l’économie et moins libertaire sur les questions de société que celle d’autres responsables gouvernementaux. Comment la définir? Posons la question autrement. En quoi se distinguerait elle de celles qu’expriment aussi à leur manière et à droite des N.K.M, Le Maire ou des Baroin qui, je n’en doute pas une seconde, rejoindront sans barguigner Sarkozy pour 2017. Un certain J.Chirac n’avait-il pas osé dire qu’inventer un « travaillisme » à la française n’était pas le domaine réservé du PS, que c’était aussi de la responsabilité du courant politique qu’il représentait ? Au delà de ces chiffres sondagiers concernant la seule personne de Valls, on voit bien, à travers ce qu’il « représente » politiquement, que les clivages de principes et de lignes politiques traversent en réalité chacun des deux grands partis de gouvernement … et que l’offre institutionnelle et partisane est loin de les refléter ; ce qui ajoute évidemment à la perplexité et au désarroi d’un électorat qui ne se reconnait plus dans cette « offre » officielle instable, fragmentée, et sans figure incontestée pour imposer une synthèse claire et  crédible : Hollande est au plus bas et ailleurs, pour l’heure, le trop plein paralyse …

Mais qui donc a intérêt à  » hystériser  » la France et les français ?

 

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Les marges de nos entreprises n’ont jamais été aussi faibles, nos dépenses et nos déficits publics  aussi ; le chômage , lui , atteint des niveaux jamais égalés, quand le pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader … La liste serait longue   de tous les maux qui rongent notre économie  et enfoncent dans la déprime salariés, demandeurs d’emplois et consommateurs. Et que nous donne à voir et à « sentir » – au plan émotionnel j’entends –  la scène politico-médiatique nationale ? Une société hystérisée par la mise sous tension de ses composantes sociales et culturelles les plus extrêmes . D’un côté l’activisme de milieux mobilisés autour de droits et de thèmes en faveur des « minorités », de l’autre, des mouvements qui en contestent l’opportunité, voire la légitimité . Au « gauchisme culturel » des premiers, s’oppose , ce que , faute de mieux, j’appellerais le « conservatisme de Tradition » des seconds. Mais qui ne voit qu’à jouer à ce petit jeu pervers,  ce qui semblait enfin être reconnu comme la priorité des priorités par l’annonce « d’un pacte de responsabilité » est en passe de s’évaporer au profit d’une fragmentation sociale et d’une déresponsabilisation collective . Tous les efforts de pédagogie à entreprendre auprès de l’ensemble du corps social, si nécessaire pour réussir le dit « pacte », sont en train, en effet, de se diluer dans des débats et des affrontements sociétaux où règnent le plus souvent  surenchères permanentes, provocations, rumeurs etc … Comme si , de part et d’autre de l’échiquier politique, on voulait faire oublier à leurs électorats respectifs, pour la gauche son tournant social-libéral et , pour la droite, l’ OPA – à tout le moins idéologique – du PS sur ses thèmes économiques … Le titre du dernier billet de Cambadélis : « Quel bordel ! » , résume parfaitement bien cette situation. Un bordel auquel la gestion gouvernementale contribue de manière efficiente avec ses  couacs et aller-retour, comme dernièrement encore sur le projet de loi «  famille » , retiré puis remis sur le tapis par petits morceaux, électrisant, à dessein ou  pas, peu importe, ce climat politique déjà lourdement chargé. Et ce n’est pas la feuille de route annoncée sur la politique d’intégration qui va adoucir cette atmosphère, bien au contraire ! Un conseiller de l’Elysée faisait observer récemment que le pays ne pouvait pas supporter plus d’une réforme dite sociétale par quinquennat. Ce qui est de bon sens. Alors une question et une seule : pourquoi donc ne pas appliquer ce principe ? Il est temps , en effet , que l’exécutif signe avec le « pays » un pacte de responsabilité qui prenne en compte non seulement ses aspects économiques et  entrepeneuriaux , mais aussi ses troubles et ses angoisses face à des mutations sociétales forcément clivantes … Et , s’il le faut, affronter sa propre majorité … On ne peut plus continuer à dépenser ainsi autant d’énergie collective à hystériser les français … 

Fantasmes et réalités sur la  » théorie du genre  » à l’école …

 

 

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Nous ne sommes plus au 19 ème siècle, ni dans la première moitié du vingtième, et on ne se marie plus sur l’injonction de parents dans une stricte hiérarchie de genre où la femme était exclusivement cantonnée dans des travaux domestiques. On se choisit désormais, et c’est heureux, par amour ; et nous le faisons dans une société qui promeut l’égalité des sexes, ce qui , dans une démocratie, est un devoir. Alors « déconstruire » des stéréotypes sociaux et des idées préconçues qui empêcheraient des filles de se sentir aussi capables que des garçons est évidemment louable. Encore que considérer que des enfants de six ans quand ils mettent des jupes aux filles et des jeans soient présentés comme des victimes de stéréotypes négatifs me semble plutôt d’une grande bêtise. En quoi le fait de porter une jupe en effet condamnerait ma petite fille Mila à faire la vaisselle toute sa vie. Son père prépare bien les repas , fait la vaisselle et passe l’aspirateur, comme sa maman, et ne se déplace pas dans sa maison en robe !…  Exemple d’une famille recomposée, et jeune, de plus en plus nombreuses aujourd’hui, qui n’a pas eu besoin de passer par les ABCD de l’égalité, pour briser des stéréotypes négatifs, et qui prouve que les nouvelles formes et pratiques familiales font beaucoup plus et beaucoup mieux que ne le feront jamais en maternelle l’indifférenciation sexuée des porte-manteaux, autre stupide exemple présenté dans ces fameux ABCD …  Ce qui démontre aussi l’absurdité qu’il y aurait à faire de la famille en général et des parents en particulier des « ennemis » du progrès social et de l’égalité hommes-femmes. Si les enfants n’appartiennent pas aux parents comme des biens meubles, il n’empêche qu’ils sont avant tout de leur responsabilité et non de celle de l’État. Alors si les indignations formatées de part et d’autre de l’échiquier politique me semblent souvent excessives et parfois idiotes, à l’inverse, s’interroger , et contester, les présupposés idéologiques à la base d’une théorie du genre qui ne dit pas son  nom, comme par exemple la lutte contre l’assignation biologique et donc l’attirance vers l’autre sexe, me paraît non seulement utile mais légitime … 

Déconstruction d’un film culte et réactionnairement genré :  » Un homme et une femme « 

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Bertrand de Saint Vincent a écrit hier cette ironique chronique sur la déconstruction des identités sexuées, sociales, ethniques etc … Je me suis bien amusé à la lire et vous la livre, sans autre intention que de vous faire partager ce petit plaisir de lecture. Je tiens à préciser que tout autre interprétation relèverait d’un insupportable a priori politiquement construit sur ce qui fonde mon identité sexuée et intellectuelle, qui paraît-il ne l’est jamais, ce qui pourrait m’amener à poursuivre les fauteurs de toute violence symbolique exercée à mon encontre devant les tribunaux de la pensée officielle et nomenclaturée dont je ne doute pas une seule seconde qu’ils seraient équitablement sourds à ma requête, pour le plus grand profit moral de mes  » agresseurs  » en particulier et de la société en général … :

 

 

Un homme et une femme. Ils sont sur une plage, à Deauville. Lui, c’est Jean-Louis Trintignant, pilote automobile ; elle, Anouk Aimée, script girl. Tous deux sont veufs, inconsolables. Claude Lelouch tient la caméra. Entre eux, quelque chose va naître. Cha-ba-da-ba-da. Le film va obtenir la palme d’or à Cannes. Connaître un succès… Coupez ! Que signifie cette histoire, cette romance à l’eau de rose ? Vous vous croyez où ? Au cinéma ? D’abord, qui a eu l’idée saugrenue d’intituler un film Un homme et une femme ! Sexisme ! Pourquoi pas Une femme et un homme ? Ou mieux Un homme et un homme ; voire Une femme et une femme. Ou deux.

Par ailleurs, qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que cet homme en est bien un ? Et comment osez-vous réduire cette femme à sa stricte apparence ? Pourquoi est-elle si belle ? Et lui si beau ? Les laids n’ont-ils pas droit d’apparaître ? La beauté est un affront, un crime de lèse-égalité. Doit-on accepter de n’être que ce que l’on est né, prisonnier d’une identité qu’on n’a pas choisie ? Morale d’ancien régime ! Vision idéologique ! Œillères réactionnaires ! Ouvrez les camps de (ré)éducation nationale.

Et le réalisateur ? N’est-il pas de confession juive ? Où est donc le musulman ? Y a-t-il un chrétien quelque part ? Pourquoi n’a-t-on pas fait appel à un cameraman bouddhiste ? Les athées sont-ils dignement représentés ? L’acteur principal est de gauche ; l’héroïne également. Il n’y a donc personne de droite dans le cinéma français ? Qui a choisi le casting ? Que fait la police politique ? Trouvez un centriste. Et pourquoi n’y a-t-il aucune personne de couleur sur le plateau ? Racisme ordinaire ! Pas un seul membre des minorités ethniques. S’il y en a, comment va-t-on les représenter ? Non à la caricature ! Pourquoi faut-il toujours que l’on donne la parole aux hommes blancs ? A-t-on pensé aux personnes verticalement diminuées ? Aux non-voyants ? Aux malentendants ? Y a-t-il un accès handicapé ? Pourquoi aucun individu n’est en surpoids ? Et ce choix de Deauville ! Quelle image de la France ! Une cité balnéaire bourgeoise aux relents impériaux ! Des jeunes gens qui n’ont rien d’autre à faire que de se promener sur la plage. Où sont les citoyens ? La classe ouvrière ? La banlieue ? Assez de nantis ! Et cette profession : pilote automobile ! Quelle honte ! Un pollueur qui ne respecte même pas les limites de vitesse ! Éteignez vos cigarettes. Pas d’alcool au volant.

Les héros ont un enfant. Quel est ce modèle que l’on nous impose ? L’individu est-il condamné à procréer ? Ces enfants, que lisent-ils ? Ouvrez leur cartable. Papa porte une robe ? Ok. Laissez passer. Depuis que la gauche s’est mis en tête de recréer le monde à son image, il devient difficile d’exister.

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