Contre-Regards

par Michel SANTO

La vieille taupe

Ces  dernières semaines, J.P Alduy et M Moynier, après G. Frèche, il y a quelques mois, ont pris des initiatives qui concourent à une plus grande lisibilité de notre région et de ses espaces à aménager. Pour bien les comprendre (ces initiatives) il est cependant nécessaire de prendre un peu de distance avec l’actualité. 

Un peu d’histoire pour commencer. Dans les années 80-90, Raymond Courrière, il n’était pas le seul, défendait l’idée d’une intégration de L’Aude et des P.O à la Région Midi Pyrénées. La faisabilité juridico-politique, à l’époque, d’un nouveau découpage des régions était impossible, et il le savait.

Les raisons d’une telle proposition sont toujours d’actualité. Mais la proposition elle même ne l’est pas.

Je m’explique.  

Ces raisons tiennent d’abord au fait, pour faire à présent un peu de géographie,  que l’Ouest du Languedoc-Roussillon : Carcassonne Narbonne Perpignan « décroche » de son versant oriental : Montpellier-Sète Nîmes Alès. La ligne de faille de ce décrochage se situant dans le Narbonnais Biterrois.

La conséquence logique est  qu’il faut inscrire l’Ouest régional dans un triangle d’aménagement et de développement constitué par Toulouse, le Narbonnais-Biterrois et Barcelone. Et l’ensemble oriental de la région dans celui constitué par  Lyon, Marseille et  Montpellier Sète. Le Narbonnais-Bitterois,lui, jouant un rôle charnière.

Pour ce faire, et pour faire un peu de politique aussi, il n’est pas nécessaire de réviser les périmètres des Régions françaises pour engager des actions prenant en  compte ces réalités comme on le prétendait à l’époque. Les « frontières » des régions françaises sont ouvertes, que je sache ; et les communes, les départements, ainsi que les communautés d’agglomérations… disposent d’une très grande liberté « de mouvement ».

Dans ce contexte, et ainsi mises en perspectives, les initiatives récentes de G. Frèche, sur l’axe Sète Nîmes (son projet de communauté urbaine…), et de M.Moynier et J.P Alduy, sur l’axe Narbonne Perpignan et au-delà vers Gérone, prennent tout leur sens. Elles s’appuient consciemment ou pas, et quelles qu’en soient les raisons d’ordre politique affichées, sur ces réalités géopolitiques. C’est très bien, et c’est tant mieux… « Bien travaillé vieille taupe ! »

Napoléon affirmait déjà, dans une formule ramassée, que « Les Etats font la politique de leur géographie. » Ça vaut aussi pour d’autres territoires organisés : régions,microrégions,villes etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une phrase immonde.

Hier, Isabelle Chésa aurait dit, devant les militants de l’U.M.P, à Carcassonne: « Sur l’immigration, on ne peut être la poubelle du monde. » Ecrivant cette phrase immonde, pour le besoin de ce billet, j’en tremble encore de rage. Comment peut-on, quand on souhaite représenter la nation française, tenir des propos aussi indignes ? Comparer les immigrés, mêmes en situation irrégulière, à des déchets, des ordures est au-delà de tout ce que j’ai pu entendre et lire sur ce sujet. Et les mots me manquent pour exprimer ma colère. Que notre pays ne puisse accueillir toute la misère du monde, certes. Mais la moindre des chose, et au premier chef le respect qu’on se doit à soi même, devrait nous amener à ne jamais retirer à quiconque ce qui le constitue en tant qu’homme: sa dignité. Cette dame l’a fait.Sait-elle que les nazis ont d’abord commencé leur œuvre de mort en niant l’humanité des juifs ? Pour les envoyer ensuite dans des fours.Comme des déchets…Décidemment, un air nauséabond est en train d’envahir les esprits en ce début de campagne électorale. 

Le complexe de Billancourt.

Après l’affaire des caricatures danoises de Mahomet, celle de la leçon de Benoît XVI à Ratisbonne sur les rapports entre foi et raison, celle encore de la fermeture d’un opéra bavarois menacé par des barbus et celle ,enfin,mais jusqu’à quand, du professeur de philosophie de Toulouse victime d’une fatwa, on attend toujours la réaction franche, massive et indignée de nos hommes politiques et de nos intellectuels par ailleurs si prompts à se scandaliser de la plus petite broutille attentatoire aux droits fondamentaux de l’homme aux U.S.A ou en Israël, par exemple. Comment expliquer ces silences et cette lâcheté devant des menaces proférées par des foules fanatisée sinon par la prévalence au sein de nos élites d’un détestable état d’esprit munichois. Une trouille théorisée par le souci d’éviter un conflit de civilisation entre Orient et Occident et celui de ne pas désespérer les masses musulmanes opprimées par le " pouvoir blanc ". La même démission, et les mêmes méthodes que celles qui ont terrorisé l’opinion publique dans les années 50-80, quand nos clercs fermaient les yeux et se taisaient sur les goulags qui, eux, n’en finissaient pas de se remplir. Une application parfaitement réussie du « complexe de Billancourt »: ne pas désespérer les "pauvres". Combien de morts pour le prix de ce silence ?Et combien en faudra-t-il encore pour que nous nous décidions, enfin, à défendre nos principes et nos valeurs.

Lettre à Monsieur Melon, Architecte des Bâtiments de France

Monsieur, 

 

Je ne vous connais pas. A l’inverse, ceux qui ne cessent, publiquement ou en privé, de vous lancer au visage les plus indignes des insultes, je les connais bien. Ils appartiennent à cette élite régionale politico-économique pour qui les représentants de l’Etat sont des bêtes à abattre .Et parmi eux, les Préfets, les Directeur Départementaux de l’Equipement et les Architectes des Bâtiments de France sont, il est vrai, des cibles de choix, car ils incarnent, avec certes leurs qualités et leurs défauts, la norme commune. Celle définie par la représentation nationale, et qu’ils s’efforcent de faire respecter, le plus souvent avec honnêteté et intelligence. Ce qui, pour certains de nos élus, est "naturellement" interprété comme de la provocation malveillante. Il est vrai que pour ceux-là, l’idéal qu’ils se font de la République présente tous les caractères de celles que l’on définie par ce délicieux qualificatif de bananière. Cette région n’est décidemment pas très accueillante.Et je peux témoigner que dans toute ma carrière au service de l’Etat et des collectivités locales, je n’ai jamais rencontré un tel mépris, si ouvertement et si fièrement affiché. Originaire de ce département, je porte, je vous l’avoue, ce trait de caractère régional avec un sentiment de honte et de tristesse.Il est en effet la marque de ceux qui veulent oublier tout ce qu’ils doivent à l’Etat et qui retournent, sur tout ce qui peut le rappeler, le peu d’estime qu’ils s’accordent à eux-mêmes.Serait-il donc trop exiger de la morale politique et de la morale tout court de s’affranchir enfin de ces comportements si peu respectueux des hommes et des institutions ? En attendant, comme vous, une réponse à cette si naturelle exigence propre à toute société civilisée, je vous transmets, Monsieur, l’expression de mon soutien fraternel.

Tartuffes!

J’ai longtemps cru qu’il était possible de débattre sérieusement des questions relatives à la gestion des affaires publiques. Surtout quand elles concernent le quotidien narbonnais.

C’était naïvement sans compter sur les travers médiatiques locaux. Ceux,surtout, du « Nord Enchaîné ». Que nous explique en effet son rédacteur en chef à propos de l’échec annoncé de la super agglo de la Narbonnaise :1) Tout le monde est d’accord sur le fond  2) C’était une manœuvre politicienne au profit de M. Py 3) J. Bascou et ses amis de droite et de gauche ont eu raison de s’y opposer. Et il enfonce son stylo dans son billet d’humeur pour adopter un registre poujadiste au fumet inquiétant : c’est la victoire des petits, des sans grades, des médiocres, des pas intelligents etc. Ciel ! On n’est pas en 1958, tout de même!

Pourquoi ne nous explique-t-il plutôt pas en quoi cette super agglo aurait permis à M. Py de gagner les futures législatives ? Le ridicule de cette hypothèse, pourtant au coeur de son propos, aurait évidemment sauté à la figure de ses lecteurs. Comme ils ne peuvent plus ne pas constater, le lisant, que derrière le masque de l’indignation morale et des analyses au ras des préjugés se cachent de petites arrières pensées politiciennes…

Qu’on m’entende bien. Que M. Py ait eu de telles intentions, sans doute. Que Martin, Bascou et ses amis en aient eu aussi, certainement. Que certaines plumes s’y trempent consciemment ou pas, la mienne comprise, bien sur. Mais là n’est pas l’essentiel. La seule question qui m’intéresse est de savoir si cela était bon pour notre territoire et si cela pouvait être fait, maintenant.

Ma réponse est: oui! A une condition cependant : que tous les acteurs aient jeté, provisoirement, les inévitables arrières pensées politiciennes qui font le bonheur des tartuffes locaux.Que l’on me démontre, sérieusement, le contraire.